vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401163 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | COMYN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 avril 2024, M. B A, représenté par Me Comyn, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 février 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes lui a refusé la délivrance d'une attestation de demande d'asile et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui accorder un droit au séjour au titre de l'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros qui sera versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. A soutient que :
L'arrêté pris dans son ensemble :
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation car il bénéficierait du droit au maintien sur le territoire au motif qu'il aurait déposé une demande de réexamen de sa demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides ;
- méconnaît les dispositions de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et de l'article 33 de la Convention de Genève.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Harang, vice-président, pour statuer sur les requêtes présentées sur le fondement de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. Harang a présenté son rapport
Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 février 2024, le préfet des Alpes-Maritimes a refusé la délivrance d'une attestation de demande d'asile et a obligé M. B A, ressortissant turc né en 1995, à quitter le territoire dans le délai de 30 jours. Le préfet a fondé sa décision sur les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'intéressé demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'arrêté dans son ensemble :
En ce qui concerne l'erreur manifeste d'appréciation sur l'examen de la situation personnelle :
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". En vertu de l'article L. 542-2 de ce code :
" Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes () b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32, en dehors du cas prévu au b du 2° du présent article () ". En vertu de l'article L. 542-4 de ce code : " L'étranger auquel la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé ou qui ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-2 et qui ne peut être autorisé à demeurer sur le territoire à un autre titre doit quitter le territoire français. Sous réserve des cas où l'autorité administrative envisage d'admettre l'étranger au séjour pour un autre motif, elle prend à son encontre, dans un délai fixé
par décret en Conseil d'Etat, une obligation de quitter le territoire français sur le fondement et dans les conditions prévues au 4° de l'article L. 611-1 ".
3. En premier lieu, M. A soutient qu'à la date de l'arrêté attaqué, qu'il bénéficiait du droit au maintien sur le territoire, et donc à une attestation de demande d'asile, au motif qu'une demande de réexamen au titre de l'asile était pendante devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (ci-après OFPRA). Toutefois, il ressort des pièces du dossier notamment, du relevé d'information " Telemofpra " produit en défense par le préfet, que sa demande de réexamen au titre d'asile a été enregistré le 14 février 2024 soit après l'édiction de l'arrêté attaqué et a fait l'objet d'une décision de rejet le 16 février 2024 notifié le 4 mars 2024 par l'OFPRA, et ce, pour irrecevabilité " ADC " (absence de craintes). Il résulte des dispositions combinées du d) du 1° de l'article L. 542-2 et du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'à la date de la décision attaquée, le préfet pouvait prendre à l'encontre du requérant une mesure d'éloignement, dès lors que sa première demande de réexamen a été rejetée par une décision du 27 octobre 2023 par l'OFPRA notifiée le 22 novembre 2023 pour irrecevabilité
" absences d'éléments sérieux ". Dès lors, au regard des éléments énoncés, le préfet des Alpes- Maritimes était légitime à ne pas lui délivrer une attestation de demande d'asile, par conséquent,
M. A est au nombre des étrangers pouvant faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation à l'égard de la situation de
M. A doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 33 de la Convention de Genève :
4. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 33 de la Convention de Genève
" 1° Aucun des Etats contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. 2° Le bénéfice de la présente disposition ne pourra toutefois être invoqué par un réfugié qu'il y aura des raisons sérieuses de considérer comme un danger pour la sécurité du pays où il se trouve ou qui, ayant été l'objet d'une condamnation définitive pour un crime ou délit particulièrement grave, constitue une menace pour la communauté dudit pays "
5. En deuxième lieu, M. A fait valoir qu'il ne peut être renvoyé dans son pays d'origine car un arrêt de la Cour d'Assise de Bursa le condamnerait à une peine de trois ans d'emprisonnement pour " acte de propagande en faveur de l'organisation terroriste armée illégale du PKK-PYD/YPG ". Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté attaqué, le requérant serait personnellement et actuellement exposé à un risque de traitement inhumain et dégradant en cas de retour vers son pays d'origine alors même que l'OFPRA a nécessairement été saisi, à l'occasion de la demande de réexamen précité du 14 février 2024, de la portée d'un tel document de condamnation. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 33 de la Convention de Genève doivent être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
1.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles tendant à mettre à la charge de l'Etat les frais exposés et non compris dans les dépens, ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Comyn et au préfet des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.
Le magistrat désigné, signé
P. HARANG
Le greffier, signé
P. BERENGER
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026