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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2401251

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2401251

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2401251
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre - Juge Unique
Avocat requérantDAVID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 avril 2024 et le 21 mai 2024, M. C, représenté par Me David-Bellouard, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 avril 2024 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français de 2 ans ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation administrative et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application des dispositions des articles L.911-2 et L.911-3 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros qui sera versée à Me David-Belloard au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, Me David-Bellouard renonçant le cas échant à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle ;

4°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

M. A soutient que :

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen complet de sa situation ;

- méconnaît les dispositions de l'article L.743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnait le droit d'être entendu prévu par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

La décision portant refus d'un délai de départ volontaire :

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen complet de sa situation ;

- méconnaît les dispositions de l'article L.743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnait le droit d'être entendu prévu par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La décision fixant le pays de destination :

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

-est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L.511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mai 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale/partielle par une décision du ****.

Vu :

- la décision par laquelle la présidente du tribunal statue sur les requêtes présentées sur le fondement de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Mme B a présenté son rapport en l'absence des parties.

Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 15 avril 2024, le préfet du Var a obligé M. A, ressortissant turc né en 2000, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour de deux ans. Le préfet a fondé sa décision sur les dispositions, en particulier du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, pour l'interdiction de retour sur le territoire français sur les dispositions de l'article L612-6 du même code. L'intéressé demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

Sur le moyen tiré de l'incompétence de l'ensemble des décisions contestées :

3. Par un arrêté n°2023/47/MCI du 21 août 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, numéro 156, le préfet du Var a donné délégation à M. Lucien Giudicelli, secrétaire général de la préfecture du Var, à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département du Var, à l'exception de certains actes dont ne font pas partie les décisions en litige portant obligation de quitter le territoire français, refus de départ volontaire, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit, par suite, être écarté.

Sur les moyens invoqués à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4.En premier lieu aux termes de l'article L613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA): " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit ().L'arrêté en litige énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles il est fondé et, notamment, les éléments propres à la situation de M. A, à savoir sa nationalité, sa date de naissance, la date alléguée d'entrée sur le territoire français, sa situation de célibataire, sans charge de famille, le rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA confirmé par la CNDA, suivi d'une décision d'obligation de quitter le territoire français décidée le 26 avril 2023 par le préfet des Alpes-Martimes. Il est ainsi suffisamment motivé au regard des dispositions de l'article L613-1 du CESEDA et ne révèle pas un défaut d'examen complet de sa situation, contrairement à ce que soutient le requérant.

5. En deuxième lieu, si, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant et doit être écarté.

6. Toutefois, il résulte également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

7. Lorsqu'il sollicite la délivrance du statut de réfugié, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de rejet de sa demande, il pourra faire l'objet, le cas échéant, d'une mesure d'éloignement du territoire français avec ou sans délai de départ volontaire et d'une interdiction de retour. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne la décision prise sur sa demande, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ou de compléter ses observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français, sur l'octroi ou non d'un délai de départ volontaire, sur la fixation du pays de destination et sur l'interdiction de retour, lesquels sont pris concomitamment et en conséquence du refus de la qualité de réfugié. Par suite, dans la mesure où M. A a pu être entendu à l'occasion de l'examen de sa demande de reconnaissance de sa qualité de réfugié et dès lors que l'arrêté en litige fait suite au constat de ce que la reconnaissance du statut de réfugié lui a été refusée, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

8.En troisième lieu, aux termes de l'article L541-1 du code de l'entrée de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la signature de celle-ci.(). ". Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants ( ) 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2()".

9.Il ressort des pièces du dossier et notamment des termes du document " telemofpra " que la demande de M. A, tendant à obtenir l'asile, a été rejetée par l'OFPRA le 10 novembre 2022, notifiée le 24 novembre 2022, puis que son recours formé auprès de la CNDA, examiné lors d'une séance du 17 mars 2023, a été rejeté le 7 avril 2023 et notifié le 1er août " 4023 ". Ainsi, et en application de l'article L542-1 du CESEDA applicable à la date de la décision contestée, le droit au maintien sur le territoire français de M. A a pris fin à la date du 7 avril 2023, date de la décision de la CNDA. Par suite, le requérant ne peut utilement soutenir que l'erreur " dans la supposée date de notification date de notification de la décision de la CNDA " ne permet pas de s'assurer de l'effectivité de la notification de la supposée décision de la CNDA. Au demeurant, il ne peut davantage utilement soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français aurait été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et de la jurisprudence issue de son application, ces dispositions n'étant plus applicables à la date de la décision contestée.

10. En quatrième lieu et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. M. A né en 2000, fait notamment valoir qu'il est en France depuis plusieurs années, où se trouve le centre de ses intérêts et où il exerce une activité professionnelle depuis septembre 2023. Toutefois, lors de son audition auprès des services de police, il a déclaré être arrivé en France en juillet 2022, être célibataire, sans enfant et avoir en Turquie ses parents, deux frères et deux sœurs.Par ailleurs, il produit un contrat de travail à durée indéterminée établi le 1er septembre 2023, avec la société Etoile Bat dont le siège se trouve à Pavillons- sous- Bois (93) pour un emploi de ravaleur, et un salaire brut de 2684, 54 euros, au demeurant non assorti de bulletin de paie. En toute hypothèse, eu égard à la durée et aux conditions de séjour de l'intéressé en France, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'il aurait entaché la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de délai de départ volontaire :

Sur l'exception d'illégalité de l'OQTF :

12. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français invoqué contre les décisions portant refus de délai de départ volontaire doit être écarté.

Sur le défaut de motivation :

13. Aux termes de l'article L613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ". Aux termes de l'article L612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants() :3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :() 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ;

5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;() 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité ".

14. Il ressort des termes de l'arrêté contesté que pour refuser à l'intéressé un délai de départ volontaire, le préfet s'est référé à ses déclarations selon lesquelles il ne souhaitait pas quiiter le territoire français, au fait qu'il n'avait pas exécuté une précédente mesure d'éloignement prise par le préfet des Alpes-Maritimes le 26 avril 2023 et qu'il ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes notamment faute d'avoir pu présenter des documents de d'identité ou de voyage en cours de validité. Il ainsi suffisamment motivé les raisons pour lesquelles il avait décidé de refuser d'accorder à M. A un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté come infondé.

Sur les autres moyens invoqués :

15. Les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L.743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du droit d'être entendu prévu par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés par les mêmes motifs que ceux exposés aux points 3 à 9 du présent jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination :

16.Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français invoqué contre la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

17. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français soulevé contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.

18. Aux termes de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".

19. M. A fait valoir d'une part qu'il dispose d'une adresse stable et joint à cet effet un document émis par la banque dans laquelle il a ouvert un compte en avril 2024, d'autre part qu'il est inséré sur le territoire français où il vit et travaille en produisant à l'appui de ses dires un contrat de travail à durée indéterminée signé le 1er septembre 2023.Toutefois, il résulte des motifs qui précèdent et notamment ceux exposés au point 11 que M. A est entré récemment en France, où il n'a aucune attache familiale. En outre son insertion professionnelle ne peut résulter de la seule production d'un contrat de travail qu'il n'a au demeurant pas signé. Dans ces conditions, le préfet, en décidant dans les circonstances de l'espèce d'assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation sur la situation personnelle de l'intéressé.

20. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991:

21. Le présent jugement requête les conclusions à fin d'annulation présentées dans la requête. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles tendant à mettre à la charge de l'Etat les frais exposés et non compris dans les dépens, ne peuvent qu'être rejetées.

DECIDE

Article 1er : M. A est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.

Article 2: La requête de M. A est rejetée.

Article 3: Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me David-Bellouard et au préfet du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juin 2024.

La présidente-rapporteure,

M. BLa greffière,

I. REZOUG

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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