lundi 22 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401257 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 avril 2024 Mme B A, représentée par Me Carlhian, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au maire de Carces, en sa qualité d'agent de l'Etat, de faire dresser un procès-verbal d'infraction à l'encontre de la SCI Dimat pour des travaux réalisés dans le cadre du permis de construire et de son modificatif délivrés par cette commune les 27 août 2021 et 25 octobre 2023 sur la parcelle F 818 dans un délai de cinq jours et d'en adresser copie au procureur de la République, sur le fondement des articles L. 480-1 et suivants du code de l'urbanisme ;
2°) de mettre à la charge de cette commune la somme de 1 500 euros au titre des frais d'instance.
Elle soutient que :
- lesdits permis de construire n'ont pas été respectés lors de la réalisation effective des travaux ;
- les travaux sont terminés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la désignation du président du Tribunal.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Le Conseil d'Etat a jugé, par sa décision n°393540 du 5 février 2016 : " Considérant que, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ; qu'en raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L 521-2 ; qu'enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave ".
3. Il en résulte que cinq conditions cumulatives doivent être remplies pour faire droit à un tel référé :
- l'urgence ;
- l'utilité ;
- l'absence d'obstacle à l'exécution d'une décision administrative ;
- l'absence de contestation sérieuse ;
- la circonstance que le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L 521-2 du code de justice administrative.
4. La requérante soutient, sur l'urgence, qu'elle est caractérisée car l'inaction du maire de Carcès face aux infractions d'urbanisme commises par la SCI Dimat prolonge une situation illicite, que cela préjudicie à ses intérêts car elle subit de multiples préjudices, que des atteintes à son bien ont été commises par cette société au cours des travaux, qu'elle doit désormais accepter que des ouvertures non conformes donnent sur son terrain et sa piscine. Mais la requérante admet elle-même que les travaux de l'immeuble sont terminés. Dès lors la condition d'urgence posée par l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'est pas remplie. Par suite la requête doit être rejetée.
ORDONNE
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A
Copie en sera adressée au préfet du Var, à la commune de Carces et à la SCI Dimat.
Fait à Toulon le 22 avril 2024.
Le vice-président désigné,
Juge des référés
Signé
J-M. PRIVAT
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
N°2401257
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