mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401407 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistré le 29 avril 2024, M. A, représenté par Me Mothere, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L521-4 du code de justice administrative :
1° d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans l'attente du jugement à intervenir sur le fond ;
2° d'assortir cette injonction d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
3° de mettre à la charge du préfet du Var une somme de 2 000 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- malgré ses demandes réitérées auprès du préfet du Var, depuis la suspension de l'exécution du refus de renouvellement de son titre de séjour par le juge des référés le 21 février 2024, il n'a toujours pas reçu de récépissé de demande de titre de séjour valant autorisation provisoire de séjour ;
- il se trouve dans une situation d'urgence car le refus de lui délivrer un tel récépissé le place dans une situation irrégulière et l'empêche de travailler, le privant de ressources alors qu'il doit poursuivre son activité professionnelle afin de faire face à toutes ses charges professionnelles et personnelles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
-le requérant ne peut se prévaloir d'une situation d'urgence ; le juge des référés n'a pas enjoint au préfet de lui délivrer un récépissé dans un délai donné, et ni le requérant, ni son conseil n'ont effectué de démarches auprès de l'administration afin d'obtenir la délivrance d'un récépissé ;
-le requérant n'a jamais demandé le renouvellement de son récépissé expiré le 27 novembre 2024 alors que le refus de renouvellement n'a été prononcé que le 23 janvier 2024 ;
- des démarches ont été entreprises afin d'exécuter la partie du jugement qui lui incombe à savoir la demande de pièces en vue de verser au requérant la somme de 1 200 euros.
Par un mémoire enregistré le 13 mai 2024, Me Mothere conclut aux mêmes fins que la requête par les moyens déjà invoqués et par le moyen que lorsque M. A a demandé le renouvellement de son titre de séjour, il lui a été indiqué que dans la mesure où il allait recevoir une convocation pour la commission des titres de séjour le 9 janvier 2024, il ne lui serait pas délivré de récépissé ; qu'en tout état de cause cela n'a aucune incidence sur sa situation actuelle, celle d'un refus de renouvellement de titre de séjour, suspendu par le juge des référés, et des demandes réitérées, depuis cette suspension, de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour, restées sans réponse de la préfecture
Vu :
-les autres pièces du dossier ;
-la décision n°2400378 du 21 février 2024 par laquelle le juge des référés a suspendu l'exécution de la décision du 23 janvier 2024 par laquelle le préfet du Var a refusé le 23 janvier 2024 de renouveler la carte de séjour sollicitée par M. A.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le lundi 13 mai 2024 à14h en présence de Mme Picard, greffière:
-le rapport de Mme Doumergue.
- les observations de Me Mothere pour M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1.Aux termes de l'article L521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ". Aux termes de l'article L911-4 du même code : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution.
Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. ".
2.Par ordonnance n°2400378 du 21 février 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Toulon a suspendu l'exécution de la décision du 23 janvier 2024 par laquelle le préfet du Var a refusé de renouveler le titre de séjour de M. A et a mis à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à l'intéressé en application de l'article L761-1 du code de justice administrative.
3. Il incombe dans tous les cas aux différentes autorités administratives de prendre dans les domaines de leurs compétences respectives, les mesures qu'implique le respect des décisions juridictionnelles. Si l'exécution d'une ordonnance prononçant une injonction sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du même code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter la mesure d'injonction demeurée sans effet en en modifiant le délai d'exécution ou en prononçant une astreinte destinée à assurer cette exécution, l'inexécution de la décision juridictionnelle présentant le caractère d'un élément nouveau au sens des dispositions dudit article L. 521-4 du code de justice administrative.
4. Il résulte de l'instruction que M. A a demandé le renouvellement de son titre de séjour l'autorisant à travailler, sans se voir remettre par les services de la préfecture du Var le récépissé prévu à l'article R431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Après la suspension du refus de renouvellement de son titre de séjour décidée par l'ordonnance n°2400378 du juge des référés précitée au point 2, le conseil de M. A a demandé à trois reprises à la préfecture de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sans recevoir de réponse. De ce fait, M. A, se trouve en situation irrégulière et privé de la possibilité de travailler et de faire face à ses diverses charges professionnelles et de famille.
5. M. A demande au juge des référés, en application des dispositions de l'article L521-4 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, l'autorisant à travailler. Si le préfet était dans l'obligation de délivrer à M. A le récépissé demandé, en application de l'article R431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la demande présentée au juge des référés tend en revanche à obtenir l'exécution d'une mesure qui n'a pas été ordonnée par l'ordonnance précitée au point 4 qui a ordonné la suspension du refus de renouvellement de titre de séjour. Par suite, elle ne peut qu'être rejetée. Il appartiendra à M. A, si le préfet du Var ne lui délivre pas le récépissé demandé, après la notification de la présente ordonnance, de saisir la juridiction sur le fondement de l'article L911-4 du code justice administrative, afin que la juridiction procède à la définition des mesures d'exécution de l'ordonnance qui a suspendu le refus de renouvellement du titre de séjour.
6.La demande présentée au juge des référés sur le fondement de l'article L521-4 du code de justice ayant été rejetée par les motifs qui précèdent, les autres conclusions de la requête sont rejetées par voie de conséquence.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Var.
Fait à Toulon, le 21 mai 2024.
La juge des référés,
signé
M. DOUMERGUE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Par délégation,
La greffière.
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