jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401412 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 avril 2024, M. C A, représenté par Me Dridi, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) à titre principal, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 30 juin 2023 par lequel le préfet du Var l'a expulsé du territoire français ;
2°) à titre subsidiaire, de lui accorder une permission de sortie du centre de rétention, au besoin sous escorte policière, afin qu'il puisse rendre visite à sa grand-mère, dans un délai de 24 heures ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de son admission définitive au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes présentées en application des dispositions du livre V du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient de ces dispositions est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.
2. Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ".
3. En premier lieu, il ressort des pièces produites par M. A que, le 2 novembre 2022, celui-ci a été condamné par le tribunal correctionnel de Toulon à une peine de deux ans d'emprisonnement, notamment pour des faits d'agression sexuelle sur un mineur de plus de 15 ans, en récidive et d'agression sexuelle sur mineur de 15 ans, en récidive ainsi qu'à une interdiction définitive du territoire national. Ces condamnations font suite à huit autres peines prononcées à son encontre, notamment pour des faits de violence aggravée suivie d'incapacité, de vol avec destruction ou dégradation en récidive, de violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique suivie d'incapacité et de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni de 10 ans d'emprisonnement. Il ressort du courrier du 12 avril 2024 du secrétaire général de la préfecture du Var, adressé au consul général d'Algérie, que la commission d'expulsion a émis un avis favorable.
4. Si M. A fait valoir l'état de santé particulièrement critique de sa grand-mère depuis le 27 avril 2024, cette circonstance n'est pas de nature à faire obstacle à la mesure d'expulsion prononcée à son encontre. Il s'ensuit que la demande présentée à titre principal est manifestement mal fondée.
5. En second lieu, il n'appartient pas au juge administratif de délivrer des permissions de sortie aux étrangers retenus au sein d'un centre de rétention.
6. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. C A.
Copie en sera adressée au préfet du Var.
Fait à Toulon, le 2 mai 2024.
Le juge des référés,
signé
D. HELAYEL
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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