jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401429 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BUFFET SÉVERINE AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 avril et 22 mai 2024, la société Free Mobile représentée par le Cabinet Pamlaw - Avocats agissant par Me Martin demande au Tribunal de :
- Suspendre l'exécution de la décision en date du 13 février 2024, par laquelle le maire de la commune de Hyères Les Palmiers s'est opposé à la déclaration préalable qu'elle avait déposée le 20 novembre 2023, pour la mise en place d'antennes de téléphonie mobile, camouflées dans de fausses cheminées, sur le toit d'un bâtiment sis 85, Impasse Lou Biou ;
- enjoindre à titre principal, au maire de la commune défenderesse d'avoir à lui délivrer une décision de non-opposition dans un délai de 1 mois courant à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et ce, sous astreinte de 500 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, d'avoir à réinstruire sa déclaration préalable en prenant une décision sans un délai d'un mois courant à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
- Condamner la commune à lui payer la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- Eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile tant 3 G que 4 G et aux intérêts propres de la société Free Mobile, et en particulier à la circonstance que le territoire de la presqu'île de Giens, dans la zone concernée, n'est que partiellement couvert par les réseaux de téléphonie mobile de la société requérante, la condition d'urgence doit, dans les circonstances de l'espèce, être regardée comme remplie ;
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
-l'auteur de la décision entreprise s'est contenté de citer l'avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France (ABF) sans que les termes de la décision permettent de conclure qu'il ait voulu s'approprier les termes de l'avis en question ; le service instructeur entache sa décision d'une incompétence négative, et partant, d'une erreur de droit ;
- les stations relais de téléphonie mobile sont au rang des installations nécessaires au fonctionnement des services publics ou d'intérêt collectif (CINASPIC) ; Les dispositions dont se prévaut la commune ne sont donc pas opposables au projet litigieux dans la mesure où il entre dans la catégorie des CINASPIC. La commune ne peut donc solliciter cette substitution de motifs sans commettre une nouvelle erreur de droit
Par un mémoire enregistré le 21 mai 2024, la commune de Hyères Les Palmiers conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la commune de Hyères Les Palmiers à lui verser la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en faisant valoir que :
- La condition d'urgence n'est pas remplie ;
- Elle sollicite une substitution de motifs tirée des dispositions de l'article R. 111-27 du Code de l'urbanisme et UD 11 du règlement du PLU concernant la hauteur des cheminées ;
- Aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2401184 par laquelle la société Free Mobile demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. A a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Candelier pour la société Free Mobile ;
- les observations de Me Julien pour la commune de Hyères Les Palmiers.
Considérant ce qui suit :
1. Le 20 novembre 2023, la société Free Mobile a déposé une déclaration préalable pour l'installation d'un relais de téléphonie mobile sur un terrain situé 85 Impasse Lou Biou à la Hyères Les Palmiers. Cette parcelle, cadastrée section HB n°71, est classée en zone Uda, à dominante d'habitat et de services situées en périphérie des zones les plus denses, par le Plan local d'urbanisme de la Commune. Le 29 novembre 2023, le Maire de la commune a adressé à la société pétitionnaire un courrier l'informant de l'assujettissement de son projet à l'avis de l'Architecte des bâtiments de France, valant également demande de pièces complémentaires. Le 9 février 2024, l'Architecte des bâtiments de France a rendu un avis défavorable au projet, considérant que le projet est de nature à altérer l'aspect du site inscrit. Le 13 février 2024, le Maire a pris l'arrêté d'opposition à déclaration préalable.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
En ce qui concerne l'urgence :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Il résulte de ces dispositions que le prononcé d'une mesure de suspension d'exécution d'une décision administrative est subordonné à la réunion de deux conditions cumulatives, l'une d'urgence, l'autre d'existence d'un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
3. Eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile, aux intérêts propres de la société Free Mobile qui a pris des engagements vis-à-vis de l'Etat et à la circonstance qui ressort des pièces du dossier, notamment des cartes de couverture réseau produites par la requérante, que la partie de territoire concernée sur laquelle la station relais litigieuse doit être implantée n'est que partiellement couverte par les réseaux, notamment 4G et 5G, de la société requérante et qu'ainsi, l'installation en litige permettra de couvrir une zone actuellement non prise en charge par les antennes relais de la société, la condition d'urgence, au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision :
4. L'article R. 425-1 du code de l'urbanisme dispose que : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées, ou son avis pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine ".
5. Aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " I. - Les immeubles ou ensembles d'immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords () ". Aux termes de l'article L. 632-1 du même code : " Dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, sont soumis à une autorisation préalable les travaux susceptibles de modifier l'état des parties extérieures des immeubles bâtis, y compris du second œuvre, ou des immeubles non bâtis ". Aux termes de l'article L. 632-2 de ce code : " I. - L'autorisation prévue à l'article L. 632-1 est, sous réserve de l'article L. 632-2-1, subordonnée à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France (). Tout avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France rendu dans le cadre de la procédure prévue au présent alinéa comporte une mention informative sur les possibilités de recours à son encontre et sur les modalités de ce recours. " Enfin, l'article L. 632-2-1 du même code prévoit que : " Par exception au I de l'article L. 632-2, l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 est soumise à l'avis de l'architecte des Bâtiments de France lorsqu'elle porte sur : 1° Des antennes relais de radiotéléphonie mobile ou de diffusion du très haut débit par voie hertzienne et leurs systèmes d'accroche ainsi que leurs locaux et installations techniques ; () ". Il résulte de ces dispositions que l'avis de l'architecte des Bâtiments de France portant sur un projet d'antenne relais de téléphonie mobile dans les abords de monuments historiques est un avis simple et non conforme.
6. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
7. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que le maire de la commune de Hyères Les Palmiers a commis une erreur de droit en s'estimant, compte tenu de l'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France du 9 février 2024, en situation de compétence liée est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité du premier motif fondé sur la méconnaissance de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme.
8. Le moyen tiré de la non-conformité du projet aux dispositions de l'article R. 111-27 du Code de l'urbanisme et UD 11 du règlement du PLU, compte tenu de la substitution de motifs sollicité par la commune en défense, paraît également, en l'état de l'instruction, propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité du second motif fondant la décision attaquée.
9. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état de l'instruction, aucun autre moyen n'est susceptible d'entraîner la suspension de la décision attaquée.
10. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision contestée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. " ; aux termes de l'article L. 911-1 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. "
12. Compte tenu du caractère provisoire des mesures du juge des référés, il n'appartient pas au juge des référés, comme le demande la société requérante, d'enjoindre au maire de la commune de Hyères Les Palmiers de délivrer à la requérante une décision de non opposition à travaux. L'exécution de la présente ordonnance implique seulement que la commune de Hyères Les Palmiers réexamine, sans attendre le jugement au fond, la déclaration préalable déposée par la société Free Mobile.
13. Par conséquent, il y a lieu d'enjoindre à la commune d'y procéder et ce, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais liés au litige :
14. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Hyères Les Palmiers, partie perdante, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 500 euros à verser à la société Free Mobile. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la société requérante, qui n'est pas partie perdante à la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 13 février 2024 du maire de Hyères Les Palmiers est suspendue jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête en annulation présentée par la société Free Mobile devant le tribunal administratif de Toulon.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Hyères Les Palmiers de réexaminer la déclaration préalable déposée par la société Free Mobile, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : La commune de Hyères Les Palmiers versera à la société Free Mobile une somme globale de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Hyères Les Palmiers sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Free Mobile et à la commune de Hyères Les Palmiers.
Fait à Toulon, le 23 mai 2024.
Le juge des référés,
signé
Ph. A
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026