lundi 27 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401431 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | VALETTE-BERTHELSEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 30 avril et 22 mai 2024, la SAS Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au tribunal :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 21 février 2024 par laquelle le maire de Fréjus s'est opposé à sa déclaration préalable en vue de l'implantation d'un relais de radiotéléphonie sur un terrain cadastré BI 1644 " ;
2°) de lui enjoindre d'y faire droit ou de réexaminer sa demande sous un mois et 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Fréjus la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence : elle est constituée car compte tenu de l'intérêt public qui s'attache pour chaque opérateur à la couverture du territoire national par les réseaux de téléphonie mobile au moyen de ses propres installations et des engagements pris en cette matière par les opérateurs de téléphonie mobile toute décision qui fait obstacle à l'implantation d'une station relais emporte un préjudice suffisamment grave et immédiat pour regarder la condition d'urgence comme remplie puisque ses objectifs de couverture en 3G, 4G et 5G ne sont pas encore atteints dans le secteur considéré.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision, il est constitué car :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'erreur de droit car son auteur ne pouvait se fonder sur les dispositions de l'article DS N 5 A du règlement du plan local d'urbanisme sans méconnaître l'exception posée par l'article DG 11 des dispositions générales ;
- l'appréciation portée sur l'impact du projet (dans une zone artisanale) est erronée.
- les motifs dont il est demandé la substitution sont eux-mêmes illégaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2024, la commune de Fréjus, représentée par Me Valette-Berthelsen, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la requérante à lui payer la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
Sur la recevabilité : il n'est pas justifié de l'introduction d'une requête en annulation au plus tard le 27 avril 2024 ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision : il n'est pas constitué car aucun des moyens n'est de nature à entraîner un tel doute.
Elle demande en outre à substituer les motifs suivants :
- la parcelle en cause est située en secteur Nh où le règlement du plan local d'urbanisme n'admet pas ce type de construction ;
- à supposer même que l'article DS-N5A ne s'applique pas le projet méconnait l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ainsi que les dispositions de l'article 3.1.1 du règlement de l'AVAP de Fréjus devenue SPR outre ses prescriptions (articles 1.1.1 et 1.1.3) contenues au secteur 4.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond.
Vu
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme en vigueur ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Privat, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 mai 2024 :
- le rapport de M. Privat, juge des référés ;
- les observations de Me Candelier pour la requérante.
Les parties ayant été informées que l'instruction serait close à l'issue de l'audience en application des dispositions de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
Sur la fin de non-recevoir :
2. Les parties s'accordent pour dire que la notification de la décision attaquée a été faite le 26 ou le 27 février 2024. Il est justifié de l'introduction d'une requête en annulation le 19 avril 2024. Par suite la fin de non-recevoir de tardiveté du recours au fond doit être écartée.
Sur l'urgence :
3. La commune de Fréjus ne conteste pas l'urgence. Il ressort des pièces du dossier que le territoire de la commune de Fréjus n'est que partiellement couvert par les réseaux de téléphonie mobile 3G, 4G et 5G propres à la société Free Mobile notamment pour la partie du territoire concernée par le projet, outre qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante a déjà rempli ses obligations en termes de couverture. Ainsi eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile ainsi qu'aux intérêts propres de la société Free Mobile qui a pris des engagements vis-à-vis de l'Etat quant à la couverture du territoire et de la population par son réseau et ses propres installations, la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
4. En l'état de l'instruction et de la demande de substitution - ou plutôt d'ajout - de motifs les moyens tirés de l'erreur de droit à l'aune des dispositions combinées de l'article DS N 5 A du règlement du plan local d'urbanisme et de l'article DG 11 des dispositions générales, de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ainsi que des dispositions de l'article 3.1.1 du règlement de l'AVAP de Fréjus devenue SPR outre ses prescriptions (articles 1.1.1 et 1.1.3) contenues au secteur 4, sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. La SAS Free Mobile est, par suite, fondée à demander la suspension de son exécution. En application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme l'autre moyen de la requête ne paraît pas, en l'état du dossier, susceptible de fonder ladite suspension d'exécution.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. La présente ordonnance implique nécessairement mais seulement que le maire de Fréjus prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction sur la demande présentée par la SAS Free Mobile. Cette nouvelle décision devra intervenir dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer une astreinte.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge de ces frais.
ORDONNE
Article 1er : L'exécution de la décision susvisée du maire de Fréjus du 21 février 2024 est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Fréjus de prendre à nouveau une décision après une nouvelle instruction, sur la demande de la SAS Free Mobile, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la défenderesse sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Free Mobile et à la commune de Fréjus.
Fait à Toulon, le 27 mai 2024.
Le vice-président désigné,
signé
J-M. PRIVAT
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026