vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401437 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DANTCIKIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mai 2024, M. A B, représenté par
Me Dantcikian, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 5 avril 2024 par lequel le préfet du Var a refusé le renouvellement de son titre de séjour pluriannuel et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer un titre de séjour à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du préfet du Var une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les décisions attaquées méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 juin 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués sont infondés.
Par une ordonnance du 28 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
15 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 6 septembre 2024, en l'absence des parties, le rapport de M. Quaglierini, rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 10 août 1969 à Kasserine (Tunisie), est entré régulièrement sur le territoire français le 1er septembre 1981 à l'âge de 12 ans avec sa famille. En 1985, il obtient une carte de résident de 10 années, renouvelée jusqu'en 2005, puis il lui a été attribué une carte de séjour temporaire d'un an, renouvelée jusqu'en 2018. En 2019, il s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle, renouvelée jusqu'au 23 septembre 2023. Par un arrêté du 5 avril 2024, le préfet du Var a refusé le renouvellement de cette carte de séjour et l'a obligé à quitter de territoire français au motif, en particulier, qu'il constitue une menace pour l'ordre public. Par sa requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de renouvellement du titre de séjour pluriannuel.
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales: " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure () nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales ".
3. M. B soutient que le préfet du Var a méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales précitées et a commis une erreur manifeste d'appréciation en n'ayant pas examiné sa situation compte tenu de sa santé, de son ancienneté de séjour et de ses attaches familiales.
4. Ainsi qu'il a été exposé au 1er point, M. B est entré régulièrement sur le territoire français, accompagné de sa famille, à l'âge de 12 ans, le 1er septembre 1981. Il est constant que, de 2002 à 2019, ce dernier a fréquemment fait l'objet de condamnations pénales pour, principalement, des faits de vol et de violences n'ayant pas entraîné d'incapacité totale de travail. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé ne conteste pas les condamnations pénales énumérées par le préfet du Var, ni que son comportement peut constituer une menace à l'ordre public. Néanmoins, il ressort des pièces versées au dossier que le requérant était âgé de 54 ans au moment de la décision contestée, réside sur le territoire français depuis 42 années, où il a suivi toute sa scolarité et où il y est suivi médicalement pour des problèmes psychiatriques et psychologiques depuis de nombreuses années, alors qu'il est dépourvu de lien avec son pays d'origine, tel que l'atteste sa famille. Dans ces circonstances, en lui refusant le renouvellement de son titre de séjour pluriannuel, le préfet du Var a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale et a commis une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision portant refus du renouvellement de son titre de séjour pluriannuel.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français.
6. La décision portant refus de renouvellement du titre de séjour ayant été annulée, il y a lieu, par voie de conséquence, d'annuler la décision portant obligation de quitter le territoire français qui en constitue le fondement, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les moyens invoqués par le requérant tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'erreur manifeste d'appréciation.
Sur l'injonction et l'astreinte :
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
8. Il y a lieu, sous réserve d'un changement substantiel dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé, par application de ces dispositions, d'enjoindre à l'administration de délivrer au requérant une carte de séjour pluriannuelle, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de lui délivrer dans un délai de 15 jours une autorisation provisoire au séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir ces injonctions d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfet du Var) la somme 1 200 euros demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 5 avril 2024 du préfet du Var est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Var de délivrer à M. B une carte de séjour pluriannuelle dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de lui délivrer dans un délai de 15 jours une autorisation provisoire au séjour.
Article 3 : Le préfet du Var versera à M. B une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Var.
Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Toulon, en application des dispositions de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
B. Quaglierini
Le président,
Signé
J.-F. Sauton
La greffière
Signé
B. Ballestracci
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026