mercredi 15 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401465 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 mai 2024, M. B A demande au juge de référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner des mesures conservatoires contre le centre communal d'action sociale de La Seyne-sur-Mer en vue de l'acceptation de sa demande d'élection de domicile auprès de leur service, " de passer outre leur refus en leur faisant une injonction d'accepter [s]a demande " et de délivrer une domiciliation à son nom, dans un délai lui permettant de s'inscrire sur les listes électorales, soit avant le 29 mai 2024.
Il soutient que :
- en premier lieu, contrairement à ce qui est mentionné sur la décision en date du 15 avril 2024 par laquelle le centre communal d'action sociale de la Seyne-sur-Mer a rejeté sa demande de domiciliation, il n'a pas refusé de signer le règlement intérieur ;
- en deuxième lieu, la demande sur laquelle est rendue la décision de rejet n'est pas celle qu'il a envoyée le 9 avril 2024, ni celle qu'il a signée ;
- en troisième lieu, le motif tiré de ce qu'il n'a aucun lien avec la commune de la Seyne-sur-Mer est erroné en fait ;
- enfin, l'urgence est caractérisée dès lors que les personnes qui ont récemment déménagé peuvent s'inscrire sur les listes électorales jusqu'au 29 mai 2024 et que le droit de vote fait l'objet d'une consécration constitutionnelle par l'article 3 de la Constitution de 1948.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code l'action sociales et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bernabeu, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a sollicité sa domiciliation auprès du centre communal d'action sociale de La Seyne-sur-Mer. Toutefois, par une décision en date du 15 avril 2024, ce centre communal d'action sociale a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés d'enjoindre au centre communal d'action sociale de la Seyne-sur-Mer de procéder à sa domiciliation auprès de ses services afin de lui permettre de s'inscrire sur les listes électorales avant le 29 mai 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toute autre mesure utile sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. En l'espèce, la mesure demandée par l'intéressé, qui aurait pour effet de faire obstacle à l'exécution de la décision précitée du 15 avril 2024 par laquelle le centre communal d'action sociale de La Seyne-sur-Mer a rejeté sa demande de domiciliation, et alors qu'il n'est pas démontré l'existence d'une situation de péril grave, n'est pas au nombre de celles susceptibles d'être prescrites par le juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Dans ces conditions, la requête de M. A doit être rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera transmise, pour information, au centre communal d'action sociale de La Seyne-sur-Mer.
Fait à Toulon, le 15 mai 2024.
La vice- présidente désignée,
Juge des référés
Signé
M. BERNABEU
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
Le greffier.
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