mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401527 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 mai 2024, M. B A, représenté par Me Monel, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 26 mars 2024 par laquelle le maire de Saint-Paul en Forêt a retiré sa décision tacite de non-opposition à déclaration préalable en date du 1er mars 2024 pour la division foncière d'un terrain cadastré H 496 et s'y est opposé ;
2°) de mettre à la charge de cette commune la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
- la désignation du président du Tribunal.
Vu :
- le code de justice administrative, notamment son article L. 522-3.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L.521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement en fait et en droit, si les effets de l'acte attaqué sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Le requérant soutient à tort que l'urgence est présumée en vertu de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme alors que ces dispositions ne s'appliquent qu'aux décisions positives, soit les autorisations d'urbanisme.
4. Il ne résulte aucune urgence quant au fait que le requérant ne peut s'y installer et doit demeurer domicilié chez son père.
5. Il soutient encore, sur l'urgence, qu'elle est constituée en raison de la collusion entre l'exécutif local et les auteurs de l'empiètement perpétré sur sa parcelle, que le terrain d'assiette a été cédé par sa mère et qu'il est empêché en raison de l'empiètement caractérisé par le juge judiciaire le 6 avril 2022 et la collusion manifeste du maire " avec ces derniers " d'aménager le terrain alors même qu'il se trouve bordé en tous points par des constructions, ainsi la décision perpétue un comportement frauduleux à son préjudice. Mais il ne ressort pas des pièces du dossier que ces faits soient constitués. Ainsi la condition d'urgence n'est pas remplie. Dès lors la demande de suspension ne peut qu'être rejetée, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
6. Les conclusions aux fins de suspension d'exécution étant rejetées doivent l'être par voie de conséquence celles relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M B A.
Copie en sera adressée à la commune de Saint-Paul en Forêt.
Fait à Toulon le 21 mai 2024.
Le vice-président désigné
Juge des référés
signé
J-M. PRIVAT
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
2401527
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