mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401561 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mai 2024 M. A B, représenté par Me Blanc, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 30 janvier 2024 par laquelle le maire de Bormes les Mimosas a refusé de lui délivrer un permis de construire une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée BO 58 ;
2°) de mettre à la charge de cette commune la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
- la désignation du président du Tribunal.
Vu :
- le code de justice administrative, notamment son article L. 522-3.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L.521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement en fait et en droit, si les effets de l'acte attaqué sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Le requérant soutient, sur l'urgence, qu'elle est constituée, d'une part, en raison de sa situation financière désastreuse car il perçoit une retraite de 800 euros par mois, est débiteur de 308 636,47 euros et car la vente envisagée lui est vitale afin d'apurer ses dettes alors que la décision attaquée l'en empêche. Mais il ne ressort pas des pièces du dossier que cette situation justifie d'une urgence.
4. Le requérant soutient d'autre part, sur l'urgence, qu'elle est constituée car il a conclu une promesse de vente qui arrivera à expiration le 12 juillet 2024, laquelle est conditionnée à l'obtention du permis de construire et sera caduque en cas de rejet de la requête. Mais la condition suspensive tenant à la délivrance d'un permis de construire a été stipulée dans l'intérêt exclusif des acquéreurs, qui sont libres d'y renoncer et de conclure la vente nonobstant le refus de permis de construire qui a été opposé. Ainsi la condition d'urgence n'est pas remplie. Par suite le requérant n'est pas fondé à demander la suspension d'exécution de la décision attaquée. Par voie de conséquence doivent être rejetées les conclusions relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée à la commune de Bormes les Mimosas.
Fait à Toulon le 21 mai 2024.
Le vice-président désigné
Juge des référés
signé
J-M. PRIVAT
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
2401561
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