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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2401692

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2401692

mercredi 19 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2401692
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCLL Avocats

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 mai 2024, le préfet du Var demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 554-1 du code de justice administrative la suspension de l'exécution du marché public de travaux de réhabilitation des golfs de l'Esterel et de l'Académie conclu par la commune de Saint Raphaël avec le groupement d'entreprises dont la société ID VERDE est mandataire.

Il soutient que la Commune n'a pas procédé à l'allotissement du marché de réhabilitation des golfs de l'Esterel et de l'Académie.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 juin 2024, la commune de Saint Raphaël, représentée par la Selarl Carbonnier Lamaze Rasle et Associes agissant par Me Jérôme Grand d'Esnon conclut au rejet de la requête et à la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 di code de justice administrative.

Elle fait valoir que le moyen soulevé n'est pas fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le numéro 2401686 par laquelle le préfet du Var demande l'annulation du contrat attaqué.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Harang, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique ont été entendus :

- le rapport de M. Harang,

- les observations de M. A, pour le préfet du Var ;

- les observations de Me Grand d'Esnon, pour la commune de Saint Raphaël ;

- les observations de Me Darmon, pour la société ID VERDE qui s'associe aux conclusions en défense à fin de rejet.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission ". Et aux termes du troisième alinéa du même article, reproduit à l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois ". Le préfet peut, sur le fondement des dispositions des articles L. 2131-2 et L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, saisir le juge administratif d'un déféré tendant à l'annulation d'un contrat de délégation de service public et il peut assortir ce recours d'une demande de suspension sur le fondement des dispositions du troisième alinéa de cet article L. 2131-6, auquel renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative. Eu égard à son objet, un tel recours formé à l'encontre d'un contrat relève du contentieux de pleine juridiction.

2. Saisi en application des dispositions précité par le préfet, le juge des référés peut ordonner la suspension de l'exécution d'un marché public lorsqu'il est fait état d'un moyen propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de ce contrat et à conduire, au regard de la nature de l'illégalité commise, à son annulation ou à sa résiliation, eu égard aux intérêts en présence.

3. Le 19 janvier 2024, la commune de Saint Raphaël a passé un marché public de travaux de réhabilitation du golf de l'Esterel avec le groupement d'entreprises dont la société ID VERDE est mandataire. Par un recours gracieux du 18 mars 2024, le préfet du Var a demandé à la Commune le retrait du marché en ce que sa passation, sous la forme d'un marché global non alloti, n'était pas conforme aux articles L. 2113-10 et L. 2113-11 du code de la commande publique. En réponse au recours gracieux, la Commune a adressé au préfet un courrier du 27 mars 2024 rappelant et explicitant les motifs justifiant le non-allotissement du marché.

4. En l'état, il résulte de l'instruction que le seul moyen soulevé dans la requête n'est pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité du contrat de travaux de réhabilitation des golfs de l'Esterel et de l'Académie conclu par la commune de Saint Raphaël avec le groupement d'entreprises dont la société ID VERDE est mandataire.

5. Par conséquent il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête aux fins de suspension.

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Saint Raphaël au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête du préfet du Var est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint Raphaël tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet du Var, à la commune de Saint Raphaël et à la société ID VERDE.

Fait à Toulon, le 19 juin 2024.

Le juge des référés,

signé

Ph. Harang

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière.

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