lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401729 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2024, Mme A C demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de faire respecter " la stricte application de la loi " concernant la diminution de 21 à 12 heures par semaine, depuis le 27 mai précédent, du temps de présence de l'accompagnante des élèves en situation de handicap (AESH) individuelle bénéficiant à son fils B scolarisé en classe de CM2 à l'école primaire publique Marie Curie de Brignoles.
Elle soutient que :
- son fils bénéficie d'une AESH individuelle pendant 21 heures par semaine depuis son entrée en CP ;
- depuis le 27 mai, son AESH individuelle est absente tous les après-midis car elle est affectée à un autre enfant ; son fils ne bénéficie plus de la présence de l'AESH que pendant 12 heures ; il est désormais seul et ne comprend pas ce qu'il doit faire ;
- cette situation est contraire à la loi ;
- elle a tenté en vain de se rapprocher de l'école, de l'enseignant référent handicap, du pôle inclusif d'accompagnement localisé (PIAL) et du rectorat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Cros en qualité de juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Selon l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire () ". Enfin, en vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste qu'elle est mal fondée, la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
2. Il appartient à toute personne demandant au juge administratif d'ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative de justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière requise par l'article L. 521-2 est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.
3. Mme C, qui se borne à soutenir que son fils ne bénéficie plus de la présence d'une AESH individuelle pendant l'après-midi des jours d'école depuis le 27 mai, ne justifie pas du respect de la condition d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. En tout état de cause, en se bornant à alléguer sans autre précision que cette situation serait contraire à la loi, la requérante n'apporte aucun élément susceptible de démontrer qu'une atteinte grave et manifestement illégale aurait été portée à une liberté fondamentale. Dans ces conditions, la requête doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Nice.
Fait à Toulon, le 3 juin 2024.
Le juge des référés,
signé
F. CROS
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
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