lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401730 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - Juge Unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juin 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 31 mai 2024 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et a assorti cette obligation d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans.
Il soutient qu'il s'oppose à l'obligation de quitter le territoire français dès lors qu'il vit au Portugal, qu'il est rentré en France pour une visite familiale urgente dont la durée ne dépasse pas trois jours, qu'il dispose d'un récépissé au Portugal et qu'il croyait avoir la possibilité de se déplacer légalement hors du Portugal.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 juillet 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable à défaut d'exposé précis de faits et de moyens, en application des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'illégalité. Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
-
La présidente du tribunal a désigné M. Cros pour statuer sur les requêtes présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Cros a été entendu au cours de l'audience publique du 8 juillet 2024 lors de laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 31 mai 2024, le préfet du Var a obligé M. A, ressortissant algérien né le 9 août 1985, à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour de deux ans. Le préfet a fondé sa décision sur les dispositions, en particulier, du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ". Selon l'article L. 612-2 du même code : " () l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". L'article L. 612-3 précise que : " Le risque mentionné au 3° de l'article
L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A ne justifie pas de la régularité ni de la date de son entrée sur le territoire français et qu'il s'y est maintenu sans titre de séjour valide. S'il soutient résider au Portugal, être revenu en France pour une visite familiale urgente d'une durée limitée à quelques jours et disposer d'un " récépissé " au Portugal, il n'apporte aucun élément de preuve à l'appui de ses allégations. Dès lors, il entre dans le champ d'application des dispositions citées au point précédent, qui permettaient au préfet du Var de l'obliger à quitter sans délai le territoire français.
4. Par ailleurs, le requérant ne soulève aucun moyen contre les décisions fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par conséquent, sa requête doit être rejetée, sans qu'il soit nécessaire d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Var.
1.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
Le magistrat désigné, Signé
F. CROS
La greffière, Signé
I. REZOUG
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, Pour la greffière en chef, La greffière.
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