lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401738 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juin 2024, M. B A, représenté par Me Saidani, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 avril 2024 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet du Var de réexaminer sa situation et de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens.
Il soutient que :
- il est incontestable qu'il souffre d'une pathologie et que le défaut de soin peut entraîner des conséquences graves, ainsi que l'a relevé l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;
- il ne dispose d'aucune famille au Monténégro ; il vit en France depuis 2018 et y a ses repères ; sa sœur réside en France ;
- l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du doit d'asile prévoit la possibilité d'une admission exceptionnelle au séjour pour considération humanitaire ou motif exceptionnel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Martin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant monténégrin né le 10 mai 1956, est entré en France irrégulièrement en 2018. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 3 février 2022. Cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 7 juin 2022. Le 6 février 2024, M. A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 23 avril 2024, dont le requérant demande l'annulation, le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. (). / La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".
3. Il résulte de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) émis le 10 avril 2024 que l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale et qu'un défaut de prise en charge peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il résulte également de cet avis qu'eu égard à l'offre de soin et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. En l'espèce, l'intéressé, qui se borne à relever la gravité de son état, ne produit aucun élément permettant de remettre en cause l'avis de l'OFII sur les possibilités effectives d'accès à des traitements appropriés de l'affection dont il souffre au Monténégro. Dès lors, c'est à bon droit que le préfet du Var a estimé que le requérant ne remplit pas les conditions de délivrance du titre de séjour prévu à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. En deuxième lieu, M. A ne justifie pas avoir présenté sa demande de délivrance d'un titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle au séjour prévue par les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne peut dès lors utilement soutenir que le préfet du Var aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour sur le territoire français.
5. En dernier lieu, si l'intéressé fait valoir que sa sœur réside en France, il n'apporte aucun élément justifiant de l'intensité de ses relations avecc cette dernière ni d'une présence habituelle sur le territoire national depuis 2018. Il n'établit pas davantage être isolé dans son pays d'origine. En conséquence, à le supposer même invoqué, le moyen tiré d'une méconnaissance de son droit au respect de sa vie privée et familiale ne peut être qu'écarté.
6. Il s'ensuit que les conclusions de M. A dirigées contre les décisions de refus de séjour et portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
7. Par voie de conséquence, doivent être rejetées ses conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à la mise à la charge de l'Etat des entiers dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente,
- M. Cros, premier conseiller,
- M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
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