lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401755 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 juin et 1er juillet 2024, M. B A, représenté par la Selarl GHM agissant par Me Farouk Miloudi, demande au juge des référés :
- D'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté n° 343-2024 du 8 avril 2024 portant suspension de son permis de conduire pris par le Sous-Préfet de Draguignan ;
- De condamner l'Etat à lui payer la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- La suspension de la décision incriminée lui permettrait de retrouver le droit de conduire, droit fondamental pour ses activités professionnelles et sa vie privée. Il est donc urgent, au regard de ces éléments, de suspendre la décision litigieuse.
- la suspension a été prononcée sur la base des dispositions de l'article L.224-1 du Code de la route : le dépistage en vue d'établir que la personne a bien fait usage de stupéfiants ne peut être réaliser que si, et seulement si, " il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu'il a fait usage de stupéfiants ". Aucun élément objectif n'est mentionné de telle sorte qu'il est impossible de s'assurer de la validité des opérations de dépistage. En l'état, les opérations de contrôle effectuées semblent avoir été menées en violation des dispositions textuelles applicables.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :
- La condition d'urgence n'est pas remplie ;
- Aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sur la légalité de la décision incriminée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2401754 par laquelle M. B A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Harang, Vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 3 juillet 2024, M. Harang a lu son rapport et entendu les observations de Me Toure pour M. B A.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre ; il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Le 4 avril 2024, lors d'une opération de transit de marchandises, M. B A a fait l'objet d'un contrôle routier. A l'issue de ce contrôle, les forces de gendarmerie ont procédé à la rétention de son permis de conduire. Par la suite, et par arrêté, en date du 8 avril 2024, il a été prononcé la suspension pour une durée de 6 mois du titre.
4. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués et analysés dans les visas de la présente ordonnance, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence. Il en va de même et par voie de conséquences des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet du Var.
Fait à Toulon, le 8 juillet 2024.
Le Vice-président,
Juge des référés,
Signé
Ph. Harang
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Le greffier
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