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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2401765

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2401765

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2401765
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantABEILLE & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme D, Mme C et Mme A, qui demandaient l’annulation du permis de construire délivré par le maire de Cavalaire-sur-Mer à la société Signal Immo MDB. En application de l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme, les requérantes devaient notifier leur recours contentieux à l’auteur de la décision et au titulaire de l’autorisation dans un délai de quinze jours. N’ayant justifié que de la notification à la société pétitionnaire, et non à la commune, leur requête a été déclarée irrecevable sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions de la société Signal Immo MDB au titre des frais de justice ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 juin 2024, Mme B D, Mme E C et Mme F A, représentées par Me Lacrouts, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet, née à la suite d'un recours gracieux

du 31 janvier 2024, par laquelle le maire de la commune de Cavalaire-sur-Mer a rejeté

la demande de retrait de l'arrêté portant délivrance d'un permis de construire du 4 décembre 2023 n° PC 083 036 23 00060 à la société Signal Immo MDB en vue de la démolition d'une maison des années 1970 et de la construction sur le même emplacement d'une maison individuelle, sur un terrain sis 20 avenue du signal (cadastrée BK 52), ensemble ledit permis de construire ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Cavalaire-sur-Mer et de la société Signal Immo MDB la somme de 2 000 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2024, la société Signal Immo MDB, représentée par Me Bornard, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge conjointe des requérantes au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requête a été communiquée à la commune de Cavalaire-sur-Mer qui n'a pas produit d'observations.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () ; 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; ()".

2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou un permis de construire, d'aménager ou de démolir. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. ".

3. Par une demande en date du 6 juin 2024, par le biais de l'application Télérecours et dont le requérant est réputé avoir reçu notification, à défaut de consultation, dans un délai de deux jours ouvrés suivant cette mise à disposition, le greffe du tribunal administratif de Toulon a invité

les requérantes à justifier de l'accomplissement des formalités prescrites par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme dans un délai de 15 jours suivant la réception de cette lettre. En réponse à cette demande, il n'a été justifié, par des pièces du 14 juillet 2024, que de la preuve de

la notification du recours contentieux auprès de la pétitionnaire. Ainsi, les requérantes n'ont, dans le délai imparti, pas justifié de la notification du recours contentieux auprès de la commune de Cavalaire-sur-Mer, ainsi que l'oppose en défense la société Signal Immo MDB. Par suite,

la requête est manifestement irrecevable et doit être rejetée.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions de la société Signal Immo MDB au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme D, Mme C et Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la société Signal Immo MDB au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D, Mme E C, Mme F A, à la commune de Cavalaire-sur-Mer et à la société Signal Immo MDB.

Fait à Toulon, le 3 décembre 2024.

Le président,

signé

JF. SAUTON

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

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