vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401769 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juin 2024, M. A B, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension d'une part de la décision implicite de rejet opposée par la Métropole Toulon Provence Méditerranée(TPM) à sa demande tendant à obtenir une carte d'accès à la déchetterie " sans véhicule inscrit au dos ou avec la mention tous véhicules et remorques " d'autre part du règlement intérieur des déchetteries gérées par TPM, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'ordonner qu'en attendant la décision du tribunal sur le recours en annulation, le service public des déchetteries continue et ne soit pas interrompu si besoin en décidant de dessaisir la Métropole de l'organisation des déchetteries et la mettre sous tutelle de l'autorité compétente ;
3°) de condamner la métropole si ce service est interrompu ou l'ancien règlement intérieur toujours invoqué quoique suspendu à une amende de 1 500 euros à chaque constatation ;
4°) d'ordonner à la métropole de lui fournir une carte d'accès sans que soit mentionnée sur cette carte aucune immatriculation de véhicule sous quinze jours, avec une astreinte de 150 euros par jour à compter de cette date ;
Il soutient que :
-L'urgence est justifiée ; le refus de lui accorder une carte d'accès sans immatriculation d'un véhicule, alors qu'il ne dispose pas de véhicule adapté à cet usage et qu'il est obligé d'emprunter des véhicules et remorques à des amis, famille ou voisins sans carte d'accès à la déchetterie, l'empêche d'accéder à sa déchetterie et de respecter la loi qui impose d'y déposer ses déchets ; de plus le principe constitutionnel d'égalité n'est pas respecté dès lors que l'accès aux différentes déchetteries de la métropole est différent selon la commune sans que la différence de situation puisse justifier la différence de traitement ;
- les moyens :
-le principe constitutionnel d'égalité n'est pas respecté car les habitants de chacune des communes ne disposent pas tous des mêmes droits selon les communes alors qu'ils doivent déposer leurs déchets en déchetterie.
-en exigeant que les cartes grises soient fournies pour obtenir une carte d'accès aux déchetteries et en vérifiant ou interdisant éventuellement cet accès lors des véhicules, la métropole organise un contrôle de police dont elle n'a pas la compétence.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 25 janvier 2024 sous le numéro 2400270 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision implicite de rejet de TPM à ses demandes visant à modifier le règlement intérieur des déchèteries et à indemniser une voie de fait intervenue dans la déchèterie.
Vu :
-le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " Aux termes de l'article L. 522-3 dudit code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
3. Il résulte des pièces du dossier que M. B est domicilié dans la commune de Six-Fours Les Plages, commune membre de la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM). Le règlement intérieur des déchèteries de TPM, relatif à l'accès des véhicules, prévoit que " l'usager véhiculé devra obligatoirement présenter une carte de déchèterie (avec l'immatriculation du véhicule notée dessus pour celle le réclamant : Toulon/Six-Fours Les Plages/La Valette-du-Var/La Crau et La Garde). Une dérogation écrite pourra être établie pour un véhicule de prêt pour ces déchèteries. ".
4. Pour justifier de la condition d'urgence, M. B fait valoir que le refus de TPM de lui accorder une carte d'accès sans immatriculation d'un véhicule, alors qu'il ne dispose pas de véhicule adapté à cet usage et qu'il est obligé d'emprunter des véhicules et remorques à des amis, famille ou voisins sans carte d'accès à la déchetterie, l'empêche d'accéder à sa déchetterie et de respecter la loi qui impose d'y déposer ses déchets. Toutefois, il résulte du règlement intérieur cité au point 3 qu'une dérogation peut être établie pour un véhicule de prêt pour accéder notamment à la déchèterie de Six-Fours Les Plages. Dans ces conditions, M. B ne justifie pas d'une situation d'urgence au sens de l'article L521-1 du code de justice administrative.
5. Par ailleurs le moyen tiré du non-respect du principe d'égalité invoqué par M. B, à le supposer fondé, ne peut justifier une situation d'urgence, au sens de l'article L521-1 précité du code de justice administrative
6. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B.
Fait à Toulon, le 14 juin 2024.
La juge des référés,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
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