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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2401844

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2401844

lundi 8 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2401844
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 juin 2024, M. B A représenté par Me Tapiero, demande au juge des référés :

- D'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté n°388/2024 de suspension de son permis de conduire en date du 7 mars 2023, ensemble de la décision du préfet du Var du 22 mai 2024 rejetant le recours gracieux du 2 mai 2024 ;

- De condamner l'Etat à lui payer la somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- La suspension de la décision incriminée lui permettrait de retrouver le droit de conduire, droit fondamental pour ses activités professionnelles et sa vie privée. Il est employé au sein d'une entreprise de distribution alimentaire. Il ne peut travailler que si et seulement s'il dispose de son permis de conduire Il est donc urgent, au regard de ces éléments, de suspendre la décision litigieuse.

- la décision de suspension du permis de même que la décision explicite de rejet en date du 22 mai 2024, sont entachées d'une nullité pour incompétence de l'auteur de l'acte.

- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées.

- La suspension du permis de conduire nuit aux maintiens des liens familiaux et l'empêche de contribuer à l'entretien de ses enfants.

- Il existe une disproportion manifeste entre la sévérite de ces décisions et le manquement réprimé. Les conséquences de la décision critiquée sur la vie du requérant sont dévastatrices. Son emploi est menacé. Ses liens familiaux sont gravement altérés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :

- La condition d'urgence n'est pas remplie ;

- Les moyens soulevés ne sont pas de nature à faire naître un doute sur la légalité des décisions incriminées.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le numéro 2401836 par laquelle M. B A demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Harang, Vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 3 juillet 2024, M. Harang a lu son rapport et entendu les observations de Me Tapiero pour M. B A.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre ; il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Le 3 mars 2024, M. B A, alors qu'il circulait dans la commune du Castellet, a fait l'objet d'une rétention de son permis de conduire pour avoir commis une infraction punie par le Code de la route de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, en l'espèce la conduire sous l'emprise de produits stupéfiants. Le 7 mars 2024, l'arrêté n° 388/2024 de la Préfecture du Var a prononcé la suspension du permis de conduire de l'intéressé jusqu'au 3 septembre 2024.

4. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués et analysés dans les visas de la présente ordonnance, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence. Il en va de même et par voie de conséquences des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet du Var

Fait à Toulon, le 8 juillet 2024.

Le Vice-président,

Juge des référés,

Signé

Ph. Harang

La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Le greffier

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