mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401951 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juin 2024, M. B A, représenté par Me Clément, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 mai 2024 pris par le préfet du Var portant refus de délivrance d'un titre de séjour et la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'ordonner au préfet du Var de faire droit à sa demande délivrance d'un titre de séjour
" étranger malade " sur le fondement de l'article L. 425-9 du CESEDA ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 11 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".
2. En l'espèce, la décision attaquée est un arrêté du préfet du Var portant refus d'un titre de séjour au titre de l'asile. En revanche, contrairement à ce que soutient le requérant, ce refus n'est assorti d'aucune obligation de quitter le territoire français, alors même que le préfet aurait pu
1.
le faire en application des dispositions de l'article L. 611-1, 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
3. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français sont irrecevables en raison du défaut de décision sur ce point.
4. En outre, il n'est pas contesté que par une décision du 13 décembre 2023, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté sa demande d'asile et refusé de lui reconnaitre la qualité de réfugié et de lui attribuer à défaut le bénéfice de la protection subsidiaire. Par une ordonnance du 29 avril 2024, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté son recours contre cette décision.
5. Ainsi, la décision de refus de titre de séjour au titre de l'asile est parfaitement motivée.
6. Quant au moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, il est inopérant dès lors qu'il est dirigé contre le refus de titre de séjour " étranger malade " alors que la décision attaquée n'a pas été prise sur ce fondement.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
7. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 7 de cette loi : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable, dénuée de fondement ou abusive () ". Ces dispositions ont pour objet d'éviter que soient mises à la charge de l'Etat les dépenses afférentes aux actions qui, de manière manifeste, apparaissent dépourvues de toute chance de succès.
8. M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. Toutefois, il résulte des points précédents que les conclusions présentées par M. A sont manifestement infondées. Dès lors, et en vertu des dispositions précitées de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, il n'y a pas lieu de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
ORDONNE :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet du Var.
Fait à Toulon, le 26 juin 2024.
Le président de la 2ème chambre, Par délégation,
signé
S. FAUCHER
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, Pour la greffière en chef, Le greffier.
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