lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401963 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MGR AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 juin et 5 juillet 2024 la SCI Patmos, représentée par Me Chevalier, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 24 avril 2024 par laquelle le maire de Le Pradet a pris à son encontre - au nom de l'Etat - un arrêté interruptif de travaux (AIT) réalisés au 494 Chemin de San Peyre ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur le doute sérieux quant à la légalité de l'acte : il est constitué car la décision :
- viole les articles L. 480-1 et L. 480-2 alinéa 3 du code de l'urbanisme en l'absence de procès-verbal dressé dans les formes requises puisque le parquet n'a rien reçu ; en outre il n'est pas établi que le procès-verbal visé par la décision ait été dressé par une autorité compétente et constate les faits relatés dans cette décision ;
- est entachée d'erreur de droit à se fonder sur l'absence de déclaration d'ouverture de chantier pour constater la caducité du permis de construire, en violation de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme car elle a bien respecté les conditions de cet article ; c'est en réalité la commune qui a égaré cette déclaration ;
- la commune demande une substitution de motifs tirée que ce que le chantier a été interrompu durant plus d'une année et que les travaux n'étaient pas assez conséquents : cette substitution doit être écartée car elle la prive de garanties faute de délai raisonnable pour y répondre ; au surplus la caducité n'est pas avérée sur ces deux plans compte tenu des procès-verbaux d'huissier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il n'y a pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2024, la commune de Le Pradet, représentée par Me Gravé, conclut au rejet de la requête et demande de mettre à la charge de la requérante la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'il n'y a pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme en vigueur ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Privat, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 juillet 2024 :
- le rapport de M. Privat, juge des référés ;
- les observations de Me Chevalier pour la requérante ;
- les observations de Mme A pour le préfet du Var ;
- les observations de Me Gravé pour la commune de Le Pradet.
Les parties ayant été informées que l'instruction sera close à l'issue de l'audience en application des dispositions de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Vu la note en délibéré enregistrée le 8 juillet 2024 présentée par Me Chevalier pour la SCI Patmos.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. La société requérante soutient à tort que la commune a demandé une substitution de motifs tirée que ce que le chantier a été interrompu durant plus d'une année et de ce que les travaux n'étaient pas assez conséquents puisque la décision attaquée est explicitement fondée sur la circonstance " que les éléments apportés ne permettent donc pas de justifier de la non caducité du permis de construire ", l'interruption du chantier ou sa consistance n'étant que des éléments constitutifs ou non de cette caducité.
3. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués par la SCI Patmos n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, elle n'est pas fondée à en demander la suspension d'exécution.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. D'une part, la requérante, partie perdante, ne saurait y avoir droit. D'autre part, l'arrêté interruptif de travaux étant pris par le maire au nom de l'Etat la commune du Pradet n'est pas partie à la présente instance au sens des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par suite ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme que ladite commune demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
ORDONNE
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune du Pradet au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCI Patmos, au ministre de l'intérieur et à la commune de Le Pradet.
Copie en sera adressée au préfet du Var.
Fait à Toulon, le 08 juillet 2024.
Le vice-président désigné
Signé
J-M. PRIVAT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
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