LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2401999

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2401999

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2401999
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon annule l'arrêté du 15 mai 2024 par lequel le préfet du Var a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A, ressortissant algérien, et a prononcé une obligation de quitter le territoire français avec interdiction de retour. Le tribunal estime que le préfet a méconnu les stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, car M. A, atteint d'une amyotrophie spinale de type 3, ne peut bénéficier d'un traitement approprié en Algérie. En conséquence, le tribunal enjoint au préfet de délivrer à M. A un certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" dans un délai de trois mois, ainsi qu'une autorisation provisoire de séjour sous quinze jours.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 juin 2024 et le 13 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Saidani, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2024 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'aucun traitement n'est disponible en Algérie ; il méconnaît notamment les stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;

- il est entaché d'erreurs de fait révélant une confusion dans l'examen de sa demande.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Montalieu, conseillère,

- et les observations de Me Saidani, avocat du requérant ;

- le préfet du Var n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien né le 17 février 1990, est entré en France le 13 mai 2022 sous couvert d'un visa court séjour. Le 1er février 2024, M. A a présenté une demande de titre de séjour au titre de son état de santé. Par un arrêté du 15 mai 2024, le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. () ".

3. Pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. A, le préfet du Var s'est fondé sur l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), lequel a estimé que si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressé peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de ce pays. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A est atteint d'une amyotrophie spinale de type 3, une maladie neuromusculaire rare, qu'il est suivi au centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne (CHITS) et que, compte tenu de sa pathologie, une prise en charge spécifique à l'hôpital de

La Timone à Marseille sera nécessaire pour la mise en place d'une thérapie par oligonucléotides antisens. Il produit un certificat médical établi le 4 décembre 2023 par une neurologue algérienne selon lequel aucun traitement pour cette pathologie n'est disponible en Algérie, qui est corroboré par un certificat établi le 10 juin 2024 par une neurologue du CHITS aux termes duquel la thérapie précitée n'est pas disponible dans ce pays. Le préfet du Var n'apporte aucun élément précis au dossier susceptible de démontrer que M. A pourrait bénéficier en Algérie d'un traitement approprié. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir qu'en lui refusant la délivrance d'un certificat de résidence en raison de son état de santé, le préfet du Var a méconnu les stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 15 mai 2024 portant refus de titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, des décisions du même jour lui faisant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français pendant un an.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Aux termes de l'article L.614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".

6. L'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'un certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " soit délivré à M. A. Il y a lieu d'enjoindre au préfet du Var d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire au séjour dans un délai de quinze jours. Il implique également que le préfet du Var procède sans délai à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS).

Sur les frais liés au litige :

7. Dans les circonstances de l'espère, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 15 mai 2024 du préfet du Var est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Var de délivrer à M. A un certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire au séjour dans un délai de quinze jours et de procéder sans délai à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le SIS.

Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Var.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Harang, président,

M. Zouhaïr Karbal, conseiller,

Mme Mathilde Montalieu, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

M. MONTALIEU

Le président,

Signé

Ph. HARANG

La greffière,

Signé

A. CAILLEAUX

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions