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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2402109

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2402109

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2402109
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon a rejeté la requête de M. C, ressortissant tunisien, qui contestait l'obligation de quitter le territoire français prise par le préfet du Var. Le requérant invoquait une méconnaissance de l'article L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif au droit au séjour des membres de famille d'un citoyen de l'Union européenne. Le tribunal a estimé que M. C ne justifiait pas que son épouse, ressortissante tchèque, disposait de ressources suffisantes pour ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, condition posée par l'article L. 233-1 du même code. Par conséquent, la décision préfectorale n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation et la requête est rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante : Par une requête enregistrée le 2 juillet 2024, M. A C, représenté par Me Lebreton, demande au tribunal : 1°) d'annuler la décision du 20 mars 2024 par laquelle le préfet du Var lui a fait obligation de quitter le territoire français ; 2°) d'enjoindre au préfet du Var, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire, sur le fondement de l'article L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement. Il soutient que : - la décision l'obligeant de quitter le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés. Le 4 juin 2024, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de l'action sociale et des familles ; - le décret n° 2023-340 du 4 mai 2023 ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience. Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique. Considérant ce qui suit : 1. M. A C, ressortissant tunisien né le 4 mars 1973, est entré en France le 14 août 2021, muni d'un titre de séjour délivré par les autorités tchèques. Le 13 juin 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de membre de famille d'un ressortissant de l'Union européenne. Le 8 novembre 2023, le préfet du Var a rejeté sa demande. Par un arrêté du 20 mars 2024, le préfet du Var lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination. 2. En premier lieu, l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie () ". Aux termes de l'article L. 233-2 du même code : " Les ressortissants de pays tiers, membres de famille d'un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 233-1, ont le droit de séjourner sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois. () " Aux termes de l'article R. 233-1 du même code : " () Lorsqu'il est exigé, le caractère suffisant des ressources est apprécié en tenant compte de la situation personnelle de l'intéressé. En aucun cas, le montant exigé ne peut excéder le montant forfaitaire du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles. () ". 3. L'article R. 262-1 du code de l'action sociale et des familles prévoit que : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 applicable à un foyer composé d'une seule personne est majoré de 50 % lorsque le foyer comporte deux personnes. Ce montant est ensuite majoré de 30 % pour chaque personne supplémentaire présente au foyer et à la charge de l'intéressé. () ". Enfin, aux termes de l'article 1 du décret du 4 mai 2023 portant revalorisation du montant forfaitaire du revenu de solidarité active : " Le montant forfaitaire mensuel du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, applicable à un foyer bénéficiaire composé d'une personne seule, est fixé à 607,75 euros à compter du 1er avril 2023. () ". 4. Le requérant soutient que son épouse, de nationalité tchèque a pu rapidement exercer une activité professionnelle après son arrivée en France et que sa famille est autonome financièrement. Toutefois, à l'appui de ses allégations, l'intéressé n'a produit qu'un avis d'imposition établi en 2023 sur les revenus de 2022, ne permettant pas de tenir pour établi que son épouse exerçait, à la date de la décision attaquée, une activité professionnelle. En outre, cet avis d'imposition faisait apparaître un revenu fiscal de référence de seulement 10 565 euros, ne permettant ainsi pas d'établir que la famille de M. C disposerait de ressources suffisantes. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Var a méconnu les dispositions précitées. Par suite, ce moyen doit être écarté. 5. En second lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision en litige serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de M. C. Par suite, ce moyen doit être écarté. 6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée. D É C I D E :Article 1er : La requête de M. C est rejetée.Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Var. Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :M. Philippe Harang, président, M. Zouhaïr Karbal, conseiller,M. David Hélayel, conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024. Le rapporteur,SignéD. HELAYEL Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéA. CAILLEAUX La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière.2N° 2402109

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