LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2402208

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2402208

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2402208
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon (2ème chambre) a annulé l'arrêté du 1er juillet 2024 par lequel le sous-préfet de Draguignan avait refusé un titre de séjour à M. A, ressortissant tunisien, et l'avait obligé à quitter le territoire français. La juridiction a estimé que cette décision portait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé, garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a relevé que M. A justifiait d'une présence continue en France depuis dix ans, d'une communauté de vie effective avec son épouse, titulaire d'une carte de résident, et d'une promesse d'embauche. En conséquence, l'arrêté a été annulé pour méconnaissance de l'article 8 de la Convention.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2024, M. B A, représenté par

Me Bochnakian, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2024 par lequel le sous-préfet de Draguignan a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au sous-préfet de Draguignan, sur le fondement de l'article L.911-1 du code de justice administrative, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et ce, sous astreinte de 50 euros par jour de retard en application de l'article L.911-3 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'arrêté attaqué :

- est entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 423-23 car le préfet du Var n'a pas étudié sa demande sur ce fondement en dépit d'un courrier en ce sens du 1er décembre 2023 ;

- est entaché d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au motif qu'il justifie d'une communauté de vie avec son épouse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Le préfet conteste chacun des moyens invoqués.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La rapporteure publique ayant été, sur sa proposition, dispensée de prononcer ses conclusions à l'audience.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 4 octobre 2024 :

- le rapport de M. Sauton,

- et les observations de Me Bochnakian, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant tunisien né en 1990, déclare être entré en France le

22 septembre 2014. Par un arrêté du 1er juillet 2024, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance ou le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à tout étranger : 1° N'ayant pas satisfait à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français dans les formes et les délais prescrits par l'autorité administrative ; () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré régulièrement en France sous couvert d'un visa le 22 septembre 2014, qu'il a été muni de plusieurs récépissés de demande de titre de séjour entre 2016 et 2023. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté attaqué, M. A justifie d'un maintien continu et habituel sur le territoire français depuis dix ans comme l'attestent les différentes pièces produites, constituées d'ordonnances, avis d'impôt, ou d'attestation de l'association de l'union diaconale du Var. En outre, le requérant fait valoir son mariage avec Mme C, ressortissante marocaine titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 4 juin 2027, célébré le 5 août 2020 en France, avec laquelle il justifie d'une communauté de vie effective par le biais des différentes factures, avis d'impôt, attestation de paiement de la CAF mentionnant les noms et adresse des deux époux, mais aussi des photographies du couple, et enfin du témoignage de la fille de Mme C, qui atteste du soutien que peut lui apporter ce dernier. Par ailleurs, M. A fait valoir une promesse d'embauche par laquelle la société Médina Viandes s'engage à le recruter par un contrat à durée indéterminée en qualité de caissier s'il obtient une autorisation de travail sur le territoire français. Ainsi, compte tenu notamment de la durée de présence en France de

M. A, des liens familiaux qu'il a développés, et des répercussions potentielles de la mesure d'éloignement sur son mariage avec Mme C, le requérant, alors même qu'il n'a pas respecté une obligation de quitter le territoire français du 31 aout 2018 selon les allégations non contredites du représentant de l'Etat, est fondé à soutenir que le préfet du Var a, dans les circonstances particulières de l'espèce, porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette mesure a été prise.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office.

Sur l'injonction et l'astreinte

6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".

7. Il y a lieu, sous réserve d'un changement substantiel dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé, par application de ces dispositions, d'enjoindre au préfet du Var de délivrer au requérant un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de lui délivrer dans un délai de 15 jours une autorisation provisoire au séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir ces injonctions d'une astreinte.

Sur les frais liés à l'instance

8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : L'arrêté du préfet du Var en date du 1er juillet 2024 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Var de délivrer à M. A une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, et dans cette attente, de lui délivrer dans un délai de 15 jours une autorisation provisoire au séjour.

Article 3 : Une somme de 1 200 euros est mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Var.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Toulon, en application des dispositions de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.

Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Sauton, président,

M. Quaglierini, premier conseiller,

Mme Martin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.

Le président-rapporteur,

JF. SAUTON

L'assesseur le plus ancien,

B. QUAGLIERINI

La greffière,

B. BALLESTRACCI

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière.

N°2402208

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions