vendredi 9 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2402357 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juillet 2024, M. B C, demande au juge des référés du tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 24 juin 2024 par laquelle l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale du Var a affecté son fils A au sein du collège Romain Blache à Saint-Cyr-sur-Mer au titre de l'année scolaire 2024-2025, rejetant ainsi sa demande de dérogation de secteur scolaire pour une inscription au collège du Plan du Castellet.
Il soutient que :
- la rentrée scolaire fixée au 2 septembre 2024 justifie l'urgence de l'affaire sauf à priver le requérant d'un recours effectif exigé par les dispositions de l'article 16 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- ces décisions sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation sur la situation de son fils.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 août 2024, la rectrice de l'académie de Nice conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Hamon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu à l'audience :
- le rapport de M. Hamon, juge des référés,
- les observations de M. C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Une note en délibéré présentée par M. C a été enregistrée le 7 août 2024.
Considérant ce qui suit :
1°) M. B C, père de A, résidant sur la commune de Saint-Cyr-sur- Mer, a sollicité une dérogation géographique afin de pouvoir inscrire son fils au collège du Plan du Castellet pour son entrée en 6éme au titre de l'année scolaire 2024-2025. Par une décision du 24 juin 2024, l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale du Var, a décidé d'affecter A au sein du collège Romain Blache à Saint-Cyr-sur-Mer, rejetant ainsi la demande de dérogation de secteur scolaire de M. C. Le requérant demande au juge des référés du tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de ladite décision.
2°) Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3°) En l'espèce, pour justifier de l'existence d'une situation d'urgence, le requérant se prévaut de la proximité de la rentrée scolaire. Il soutient également que le motif de sa demande est lié, d'une part, à la situation professionnelle de son épouse et de lui-même qui ne leur permet pas de gérer le transport scolaire de A et d'autre part, au lieu de résidence réelle de son enfant qui est hébergé chez son oncle et sa tante sur la commune de La Cadière d'Azur. Toutefois, M. C n'apporte à l'appui de ses allégations aucun justificatif permettant de caractériser l'impossibilité pour lui et son épouse de se rendre disponible pour le transport de leur fils A vers le collège Romain Blache à Saint-Cyr-sur-Mer qui se situe à environ quatre kilomètres de leur domicile. Par ailleurs, il n'est pas allégué ni établi qu'il n'existerait pas un ramassage scolaire à proximité de leur domicile. Il n'est pas davantage démontré que l'oncle et la tante de A seraient également dans l'incapacité de pourvoir au transport de l'enfant vers le collège dont il relève. Ainsi, les seules circonstances dont se prévaut le requérant, ne suffisent pas à établir l'existence d'un préjudice grave et immédiat auquel la décision porterait atteinte, de nature à caractériser une situation d'urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.'
4°) A supposer que le requérant ait entendu soutenir que l'absence de reconnaissance d'une urgence à statuer sur sa demande méconnaîtrait son droit à un recours effectif garanti par l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, il est toutefois constant que M. C a pu déposer une requête au fond contestant la décision litigieuse. Il suit de là qu'il n'est pas porté atteinte à son droit à un recours effectif. Par suite, ce moyen tel qu'il est invoqué, doit être écarté.
5°) Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par le requérant en vertu des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
ORDONNE
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et à la rectrice de l'académie de Nice.
Fait à Toulon, le 9 août 2024.
Le juge des référés, La greffière
SignéSigné
L. HAMON I. REZOUG
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026