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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2402386

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2402386

jeudi 8 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2402386
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantLAGARDERE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon, statuant en référé, a rejeté les requêtes de M. C B A visant à l’annulation de l’arrêté du préfet du Var du 19 juillet 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d’une interdiction de retour de trois ans et d’une inscription au fichier Schengen. Le juge a estimé que la décision était suffisamment motivée et que le préfet avait justifié de l’existence d’une menace à l’ordre public et d’un risque de fuite, conformément aux articles L. 612-2 et L. 612-3 du CESEDA. Il a également considéré que l’interdiction de retour était fondée au regard des critères de l’article L. 612-10 du même code, et que la situation personnelle du requérant, notamment ses craintes en cas de retour en Afghanistan, ne démontrait pas une violation de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme ou de l’article 3 de cette convention.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Par une ordonnance en date du 23 juillet 2024, le président du tribunal administratif de Marseille a transmis la requête de M. C B A au tribunal administratif de Toulon.

Par une requête enregistrée le 20 juillet 2024 au greffe du tribunal administratif de Marseille, M. C B A, représenté par Me Lagardère, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 19 juillet 2024 par lequel le préfet du Var lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai ;

2°) d'annuler la décision du 19 juillet 2024 portant interdiction de retour pendant une durée de trois ans ;

3°) d'annuler son inscription au fichier système d'information Schengen ;

4°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- le préfet ne justifie pas que mon comportement constituerait une menace à l'ordre public et qu'il y aurait un risque de fuite de ma part ;

- le préfet du Var a commis une erreur manifeste d'appréciation en lui refusant un délai de départ volontaire, en méconnaissance des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).

Sur la décision portant interdiction de retour pour une durée de trois ans :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation et d'une erreur manifeste d'appréciation, l'ensemble des critères prévus à l'article L. 612-10 du CESEDA n'ayant pas été pris en compte ;

- la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, ni la durée de sa présence sur le territoire n'ont pas été évalué ; seuls deux des quatre critères prévus à l'article L. 612-10 du CESEDA ont été pris en compte ; par ailleurs, aucune mesure d'éloignement n'avait été prise à mon encontre précédemment, ce qui n'a pas été pris en compte par le préfet ;

- il ne représente pas une menace à l'ordre public contrairement à ce que prétend le préfet.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 août 2024 à 08h01, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

II°) Par une requête enregistrée le 1er août 2024 sous le numéro 2402562, M. B A, représenté par Me Lagardère, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 19 juillet 2024 par lequel le préfet du Var lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet du Var de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application des dispositions combinées des articles L. 911-2 et 911-3 du code de justice administrative ;

3°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son avocat en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation ;

- sa situation personnelle n'a pas été examinée, notamment au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- s'il a manifesté, sans équivoque, sa volonté de demander l'asile lors de son audition, il ne ressort pas des motifs de la décision que l'autorité administrative aurait examiné cette demande et le préfet ne soutient pas que l'intéressé se trouverait dans l'un des cas où l'attestation prévue à l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile devrait ou pourrait lui être refusée ;

- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L.721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dés lors que le retour dans son pays d'origine l'exposerait à des persécutions, à des risques graves pesant sur sa sécurité personnelle et à des traitements inhumains et dégradants en raison des problèmes rencontrés par sa famille avec les talibans.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 août 2024 à 08h00, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La présidente du tribunal administratif de Toulon a désigné M. Hamon, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 à L. 614-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Hamon, magistrat désigné,

- les observations de Me Lagardère, représentant M. B A.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application des dispositions de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 19 juillet 2024, le préfet du Var a obligé M. C B A, ressortissant péruvien, né le 11 avril 1983, à quitter le territoire sans délai et l'a interdit de retour pour une durée de trois ans. Le requérant demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la jonction des requêtes :

2. Les requêtes n°2402386 et n°2402562 présentent à juger des questions semblables.

Il y a lieu de joindre ces deux requêtes, qui ont fait l'objet d'une instruction commune, pour y statuer par un seul jugement.

Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, d'admettre M. B A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :

5. L'arrêté litigieux vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. B A ainsi que les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français, pour lui refuser le bénéfice d'un délai de départ volontaire, pour lui faire interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans et pour fixer le pays de destination de sa reconduite. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

6. Le requérant soutient que le préfet ne justifie pas que son comportement constituerait une menace à l'ordre public. Toutefois, le préfet, dans ses considérants, a estimé que M. B A ne représentait pas une menace à l'ordre public. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

7. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

8. M. B A soutient que le retour dans son pays d'origine l'exposerait à des persécutions, à des risques graves pesant sur sa sécurité personnelle et à des traitements inhumains et dégradants en raison des problèmes rencontrés par sa famille avec les talibans. Toutefois, le requérant ne se prévaut à l'appui de ses allégations d'aucun fait précis ni d'aucun élément de preuve. Il ne démontre pas davantage la présence de talibans au Pérou. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. Il résulte de l'instruction que M. B A ne justifie pas d'attaches particulières en France. L'intéressé a d'ailleurs indiqué lors de son audition par les services de polices du 19 juillet 2024 qu'il n'avait aucun membre de sa famille sur le territoire français. Il ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine dès lors qu'il a déclaré être le père d'un enfant de onze ans qui vit auprès de son ex-femme au Pérou et qu'il a sa sœur et son père dans son pays d'origine. L'intéressé indique par ailleurs qu'il n'a aucune ressource ni aucun emploi en France. Le requérant ne saurait être regardé comme ayant fixé en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Eu égard à l'ensemble de ces circonstances, il n'apparait pas que le préfet ait porté une atteinte disproportionnée au droit de M. B A au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'examen de sa situation personnelle.

11. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande et procède, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, à la détermination de l'Etat responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, ou en application d'engagements identiques à ceux prévus par le même règlement. "

12. M. B A soutient qu'il a manifesté sa volonté de demander l'asile lors de son audition et qu'il ne ressort pas des motifs de la décision que l'autorité administrative aurait examiné cette demande. Toutefois, il ressort de l'audition du 19 juillet 2024 réalisée par les services de police que M. B A n'a jamais exprimé une demande d'asile en France. Il est constant par ailleurs que la demande d'asile dont il se prévaut n'a été présentée que le 30 juillet 2024, soit postérieurement à la décision attaquée. Dès lors, cette demande est sans effet sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :

13. aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5.".

14. Dans l'arrêté attaqué, pour fonder sa décision de refus d'accorder un délai de départ volontaire, le préfet a estimé que M. B A ne présentait pas de garantie de représentation suffisantes dés lors qu'il ne justifiait pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. M. B A ne justifie pas, par les pièces qu'il produit, d'une résidence effective et permanente. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'examen de sa situation et notamment au regard de sa domiciliation ne peut qu'être écarté.

Sur la décision portant interdiction de retour pour une durée de trois ans :

15. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aux termes desquelles : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". Aux termes de l'article L. 612-10 dudit code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

16. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés plus haut, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

17. En l'espèce, les termes de la décision attaquée attestent de la prise en compte par le préfet du Var de l'ensemble des critères prévus par la loi. Il est fait état notamment de ce que M. B A était entré récemment en France de manière irrégulière sans avoir effectué des démarches pour régulariser sa situation et qu'il n'avait fait l'objet d'aucune mesure d'éloignement. Il a été constaté par le préfet que l'intéressé avait des attaches dans son pays d'origine dès lors qu'il était père d'un enfant de onze ans qui vivait auprès de son ex-femme au Pérou où il a passé l'essentiel de son existence, M. B A ayant en outre reconnu lors de son audition par les services de police qu'il n'avait aucun membre de sa famille en France. Il a été précisé que l'intéressé ne représentait pas une menace pour l'ordre public, et qu'il était justifié que soit prononcé à son égard une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet n'aurait pas analysé sa situation au regard des critères prévus à l'article L. 612-10 du CESEDA doit être écarté comme manquant en fait. La décision litigieuse n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'examen de la situation de l'intéressé.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de M. B A doivent être rejetées.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

19. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

20. M. B A a été admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête formées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : M. B A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A et au préfet du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 août 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

L. HAMON

La greffière,

Signé

I. REZOUG

La greffière,

E. PERROUDON La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

2 - 240256

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