mercredi 7 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2402391 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PAMLAW - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juillet 2024, Mme B A et M. C D, représentés par Me D, demandent au juge des référés du tribunal :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 8 décembre 2023 par lequel le maire de la commune de La Verdière ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de la société par actions simplifiée FREE MOBILE en vue de la création d'un relais de radiotéléphonie mobile sur la parcelle cadastrée section D n° 145 située au lieu-dit Saint-Roch ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Verdière la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est présumée remplie en application des dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme, et qu'au surplus, elle est caractérisée en l'espèce par le commencement des travaux ;
- la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux, en l'état de l'instruction, quant à la légalité de l'arrêté est remplie dès lors que ce dernier :
* a été édicté par une autorité incompétente ;
* méconnaît les dispositions de l'article L. 421-1, R. 421-1 et R. 421-2 du code de l'urbanisme dès lors que, ayant une emprise au sol de 18 m² et une hauteur de 24 mètres, le projet aurait dû faire l'objet d'une demande de permis de construire ;
* méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors que le projet se situe à proximité immédiate d'éléments protégés tels que l'Eglise Saint-Roch, la chapelle Saint-Pierre et est visible depuis la terrasse du château de la Verdière, édifice du Xème siècle classé monument historique ;
* méconnaît les dispositions de l'article N.T.1.1 du plan local d'urbanisme de la commune de La Verdière dès lors que le projet porte atteinte aux espaces naturels et paysagers.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 août 2024, la société FREE MOBILE, représentée par Me Martin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens sont infondés.
La requête a été communiquée, le 24 juillet 2024, à la commune de La Verdière, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- la requête au fond enregistrée sous le n° 2400475 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Toulon a désigné, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, Mme Martin pour statuer sur les requêtes en référé présentées en application des dispositions du livre V du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martin, juge des référés,
- les observations de Me Aubergier, substituant Me D, représentant les requérants,
- les observations de Me Mirabel, substituant Me Martin, représentant la société pétitionnaire,
- la commune n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application des dispositions de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ".
2. Le 7 mars 2022, la société par actions simplifiée FREE MOBILE a déposé auprès des services communaux, une déclaration préalable en vue de la création d'un relais de radiotéléphonie mobile sur le territoire de la commune de La Verdière. Par arrêté du 23 mai 2022, le maire de la commune s'est opposé à cette déclaration préalable. Par une ordonnance n° 2300017 du 9 janvier 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Toulon a rejeté la demande de la société pétitionnaire tendant à la suspension dudit arrêté. Par un arrêt du 10 novembre 2023, le Conseil d'Etat a annulé cette ordonnance, a suspendu l'exécution de l'arrêté et a enjoint à la commune de prendre, à titre provisoire, une décision de non-opposition.
3. Par arrêté du 8 décembre 2023, le maire de la commune de La Verdière ne s'est pas opposé à la déclaration préalable. Par leur requête, Mme B A et M. C D, propriétaires dans le quartier d'implantation du projet, demandent au juge des référés du tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
4. Aucun des moyens soulevés par les requérants ne sont, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition de l'urgence, la requête de Mme A et M. D doit être rejetée.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de La Verdière qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants la somme demandée par la commune au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de Mme A et M. D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de La Verdière présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à M. C D, la société FREE MOBILE et à la commune de La Verdière.
Fait à Toulon, le 7 août 2024.
La juge des référés,
Signé
K. Martin
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
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