mardi 13 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2402558 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 juillet 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2024 par lequel le préfet du Var, d'une part, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel ne s'applique pas l'acquis de Schengen où il est légalement admissible et, d'autre part, lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant un délai d'un an à compter de l'exécution effective de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet.
Le préfet du Var a produit le 8 août 2024 la décision attaquée, conformément au dernier alinéa de l'article R. 922-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente du Tribunal a désigné M. Riffard, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 614-1 à L. 614-4 et L. 614-16 à L. 614-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 ;
- le décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien se disant né le 5 septembre 1980, est entré irrégulièrement sur le territoire français au cours de l'année 2022, sous couvert d'un passeport tunisien en cours de validité et d'un visa Schengen de type D et il n'a effectué aucune démarche administrative afin de régulariser sa situation et s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français. Par un arrêté du 9 juillet 2024, le préfet du Var, d'une part, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel ne s'applique pas l'acquis de Schengen où il est légalement admissible et, d'autre part, lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant un délai d'un an à compter de l'exécution effective de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet. Par un deuxième arrêté du 9 juillet 2024, le préfet du Var l'a assigné à résidence dans le département du Var pour une durée de quarante-cinq jours à compter de la notification de cet acte, puis par un troisième arrêté du 22 juillet 2024, le préfet a renouvelé l'assignation à résidence de M. B pour une nouvelle durée de 45 jours à compter du 23 août 2024. M. B demande au Tribunal d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2024 portant obligation de quitter sans délai le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.
2. Aux termes, d'une part, de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, créé par l'article 1er du décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024 pris pour l'application du titre VII de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, relatif à la simplification des règles du contentieux et en vigueur à compter du 15 juillet 2024, applicable à la présente instance : " () Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du code de justice administrative à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. / Il peut, par ordonnance : 1° Donner acte des désistements ; 2° Transmettre sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente ; 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur un recours ; 4° Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance. ".
3. Aux termes, d'autre part, de l'article R. 776-2 du code de justice administrative applicable à la date de la décision attaquée : " () II. - Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. () ". Selon l'article R. 776-5 du code de justice administrative, également applicable à la date de la décision attaquée : " () II. - Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 et les délais de quinze jours mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-3 ne sont susceptibles d'aucune prorogation. (.) ". Enfin, l'article R. 421-5 de ce code prévoit que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision en litige a été notifiée à M. B le 9 juillet 2024 par voie administrative, en présence d'un interprète, et que cette notification comportait l'indication des voies et délais de recours ouverts contre cette décision. Toutefois, la requête de M. B n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 31 juillet 2024, soit au-delà de l'expiration du délai de recours contentieux de quarante-huit heures qui s'appliquait alors à la décision attaquée. La mention d'un délai de recours contentieux de sept jours figurant dans la notification par la voie administrative de l'arrêté du 22 juillet 2024 par lequel le préfet du Var a renouvelé l'assignation à résidence de M. B pour une nouvelle durée de 45 jours, intervenu après l'entrée en vigueur du décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024 pris pour l'application du titre VII de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, relatif à la simplification des règles du contentieux, n'a pas eu pour effet de rouvrir le délai de recours contentieux qui courait à l'encontre de l'arrêté du 9 juillet 2024 portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur ce territoire, lequel constitue la seule décision contestée par M. B dans la présente instance. Par suite, la présente requête s'avère donc manifestement irrecevable et doit être rejetée par application des dispositions de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet du Var.
Fait à Toulon, le 13 août 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
D. RIFFARD
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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