LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2402571

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2402571

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2402571
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon a rejeté la requête de M. A, ressortissant tunisien, qui contestait l'arrêté du préfet du Var refusant le renouvellement de sa carte de séjour pour menace à l'ordre public et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a estimé que le préfet avait légalement fondé sa décision sur l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en se basant sur le comportement personnel de M. A, caractérisé par des condamnations pénales pour des faits de violence, de conduite sans permis et en état alcoolique, et de défaut d'assurance. La solution retenue confirme que la menace pour l'ordre public s'apprécie au regard de l'ensemble des faits, sans nécessité de condamnations pénales récentes, et que les moyens soulevés (motivation, procédure, erreur de fait ou de droit, atteinte à la vie privée) n'étaient pas fondés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 août 2024, et un mémoire, enregistré le 30 septembre 2024, M. B A, représenté par la Selarl RTG avocats agissant par Me Terzak-Geraci, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 juillet 2024 par lequel le préfet du Var a refusé de lui renouveler sa carte de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet du Var, d'une part, de procéder au renouvellement de sa carte de séjour portant la mention vie privée et familiale dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, d'autre part, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :

- la décision portant refus de renouvellement de sa carte de séjour est insuffisamment motivée, en particulier s'agissant de la menace à l'ordre public ;

- elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire en méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le préfet n'a pas saisi la commission du titre de séjour ;

- le préfet a commis une erreur de fait et une erreur de droit dès lors que sa présence en France ne constitue pas une menace à l'ordre public ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision querellée est entachée d'un défaut d'examen sérieux de la situation du requérant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié en matière de séjour et de travail ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martin,

- et les observations de Me Terzak-Geraci, pour M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant tunisien, a bénéficié de la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle, portant la mention " vie privée et familiale ", valable du 18 janvier 2022 au 17 janvier 2024, dont il a sollicité le renouvellement le 18 novembre 2023. Par un arrêté du 11 juillet 2024, le préfet du Var a toutefois refusé de lui renouveler sa carte de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle () au renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle () ". Aux termes de l'article 11 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord () ".

3. Lorsque l'administration oppose à un ressortissant étranger un motif lié à la menace à l'ordre public pour refuser de faire droit à sa demande de titre de séjour, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision. La menace pour l'ordre public s'apprécie au regard de l'ensemble des éléments de fait et de droit caractérisant le comportement personnel de l'étranger en cause. Il n'est donc ni nécessaire, ni suffisant que le demandeur ait fait l'objet de condamnations pénales. L'existence de celles-ci constitue cependant un élément d'appréciation au même titre que d'autres éléments tels que la nature, l'ancienneté ou la gravité des faits reprochés à la personne ou encore son comportement habituel.

4. Pour refuser le renouvellement de la carte de séjour de M. A, le préfet du Var s'est fondé sur un unique motif tiré de ce que le comportement de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public au sens des dispositions précitées de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. A ce titre, le préfet a relevé que le requérant s'était fait connaître défavorablement auprès des services de police et de gendarmerie pour des faits de prise du nom d'un tiers pouvant déterminer des poursuites contre lui et violence ayant entrainé une incapacité de travail n'excédant pas 8 jours (le 4 avril 2008), de conduite d'un véhicule sans permis (le 3 décembre 2019), de récidive de conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique (le 18 décembre 2021) et de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance (le 15 décembre 2023). Le préfet relève également que M. A a été, d'une part, condamné le 29 septembre 2020 par le président du tribunal correctionnel de Draguignan à une amende de 600 euros pour les faits de conduite d'un véhicule sans permis en date du 3 décembre 2019 et, d'autre part, condamné par le tribunal correctionnel de Draguignan le 30 octobre 2020 à une peine de deux mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits, en date du 10 octobre 2019, de violence suivi d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin, ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité.

6. Toutefois, M. A fait valoir sans être utilement contredit, d'une part, n'avoir pu se rendre coupable des faits en date du 4 avril 2008 dès lors qu'il n'est entré en France que le 19 décembre 2008 et, d'autre part, qu'il justifie d'une assurance automobile au titre de l'année 2023. En ce qui concerne la condamnation à une peine de deux mois d'emprisonnement avec sursis pour violences conjugales, l'intéressé invoque le faible quantum de la peine et produit un témoignage de son ex-compagne indiquant notamment que cette dernière avait retiré sa plainte et que les violences reprochées avaient eu lieu ponctuellement dans un contexte de rupture difficile. Il convient en outre de relever qu'il ressort des pièces du dossier que le préfet du Var avait déjà procédé à un renouvellement de la carte de séjour de M. A postérieurement aux deux condamnations de l'intéressé dont il a été fait mention. Par suite, s'il reconnaît l'infraction routière de conduite sous l'empire d'un état alcoolique commise le 18 décembre 2021, et pour répréhensibles que soient les faits établis à l'encontre de l'intéressé, eu égard au quantum des peines prononcées par le juge pénal et à la circonstance que ces délits ont été commis au cours de l'année 2019, ces derniers n'apparaissent pas d'une gravité et d'une actualité suffisante pour conférer au maintien en France de l'intéressé le caractère d'une menace à l'ordre public.

7. Enfin, si dans ses écritures en défense, le préfet du Var indique pour la première fois que M. A a fait l'objet d'un signalement pour des faits de violence commise en réunion suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours en date du 23 octobre 2023, il n'apporte aucune précision sur ces faits ni sur les éventuelles suites judiciaires leur ayant été données.

8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le préfet du Var a commis une erreur d'appréciation en estimant que le comportement de l'intéressé représentait une menace pour l'ordre public faisant obstacle au renouvellement de sa carte de séjour en application des dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, il y a donc lieu d'annuler la décision portant refus de titre de séjour et par voie de conséquence celle portant obligation de quitter le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

9. Compte tenu du motif de l'annulation, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Var de procéder au réexamen de la situation du requérant dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et dans l'attente, de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour l'autorisant également à travailler. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 11 juillet 2024 par lequel le préfet du Var a refusé de renouveler la carte de séjour de M. A et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Var de réexaminer la demande de renouvellement du titre de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et dans l'attente, de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour l'autorisant également à travailler.

Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Var.

Copie en sera adressée au procureur de la République près du tribunal judiciaire de Toulon, en application des dispositions de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.

Délibéré après l'audience du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Bernabeu, présidente,

- M. Cros, premier conseiller,

- M. Martin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024.

Le rapporteur,

Signé

J. MARTIN

La présidente,

Signé

M. BERNABEULa greffière,

Signé

G. BODIGER

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions