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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2402625

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2402625

jeudi 29 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2402625
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon a rejeté comme tardive la requête de M. B dirigée contre un arrêté préfectoral du 8 avril 2024 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et prononçant une interdiction de retour d'un an. Le juge a constaté que le requérant avait eu connaissance de l'arrêté au plus tard le 4 juin 2024, date de son recours gracieux, et que le délai de recours contentieux de trente jours, prévu par les articles L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 776-2 du code de justice administrative, n'avait pas été prorogé par ce recours administratif. La requête, enregistrée le 6 août 2024, étant manifestement irrecevable, a été rejetée sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 août 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du préfet du Var du 8 avril 2024 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ". Aux termes de l'article L. 614-4 du même code, alors en vigueur : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision ". Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative, alors en vigueur : " () Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément ". Enfin, aux termes du I de l'article R. 776-5 du même code, applicable au litige : " Le délai de recours contentieux de trente jours mentionnés à l'article R. 776-2 n'est pas prorogé par l'exercice d'un recours administratif ".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du préfet du Var du 8 avril 2024 comporte la mention appropriée des délais et des voies de recours ouverts à son encontre, dont le délai de trente jours résultant des dispositions précitées, et indique que l'exercice d'un recours administratif ne proroge pas le délai de recours contentieux. Il ressort également des pièces du dossier que, par courrier réceptionné le 4 juin 2024, M. B a transmis par erreur au tribunal administratif de Toulon un recours gracieux adressé au préfet du Var visant à contester l'arrêté litigieux, manifestant ainsi la connaissance acquise de cet arrêté au plus tard à cette date. Par suite, le délai de trente jours a commencé à courir au plus tard à compter du 4 juin 2024 et le rejet implicite du recours gracieux par le préfet du Var n'a pas eu pour conséquence de faire courir un nouveau délai de trente jours contre l'arrêté du 8 avril 2024, ainsi que cela est mentionné dans le corps de cette décision. Il en résulte que la requête de M. B, enregistrée le 6 août 2024, est tardive. Par suite, cette requête est entachée d'une irrecevabilité qui n'est pas susceptible d'être couverte en cours d'instance et doit être rejetée par application des dispositions, précitées au point 1, du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie, pour information, en sera adressée au préfet du Var.

Fait à Toulon, le 29 août 2024.

La présidente de la 4ème chambre,

Signé

M. C

La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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