mercredi 28 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2402659 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 août 2024 et le 25 août 2024, Mme B A demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
- la suspension de l'exécution de la décision du 18 juin 2024 par laquelle la rectrice de l'académie de Nice a fait droit partiellement à sa demande d'aménagement de ses horaires répartis " en blocs horaires de 5 heures maximum " mais sans lui accorder un " service réparti sur les matinées entre 8 h et 13h ", jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
- qu'il soit enjoint à la rectrice de maintenir ses horaires de travail tels qu'aménagés depuis 3 ans, entre 8h et 13h.
Mme A soutient que :
- les services de la rectrice de l'académie de Nice l'ont délibérément induite en erreur quant aux recours possibles contre la décision attaquée et lui ont donné pour instruction de présenter un recours contentieux ;
- sur l'urgence, la décision attaquée entrera en vigueur début septembre, à la rentrée ; le proviseur communique les emplois du temps aux professeurs le 30 aout, soit à une date imminente ; or, la modification après la rentrée aurait des effets sur nombre de membres de la communauté scolaire et serait pénalisante pour eux ;
- sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée les moyens tirés de : l'insuffisance de motivation, l'absence de prise en compte de sa situation de handicap avec Mme A et de l'avis du chef d'établissement, le défaut d'entretien avec le médecin conseil, l'erreur d'appréciation de la situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 aout 2024, la rectrice de l'académie de Nice conclut au rejet de la requête.
La rectrice de l'académie de Nice fait valoir que la requête est irrecevable en raison de l'absence d'exercice d'une médiation préalable obligatoire.
Vu :
- la requête n°2402237 enregistrée le 11 juillet 2024 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision susvisée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2022-433 du 25 mars 2022 relatif à la procédure de médiation préalable obligatoire applicable à certains litiges de la fonction publique et à certains litiges sociaux ;
- l'arrêté du 1er août 2022 relatif à la mise en œuvre d'une procédure de médiation préalable obligatoire applicable à certains litiges de la fonction publique au ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Sauton, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Berenger, greffier d'audience, M. Sauton a lu son rapport et entendu :
- les observations de Mme A.
Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.
Une pièce présentée par la rectrice de l'académie de Nice, enregistrée le 27 aout 2024 à 10 : 19, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes d'une part de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Aux termes d'autre part de l'article L. 213-12 du code de justice administrative : " Les recours formés contre les décisions individuelles qui concernent la situation de personnes physiques et dont la liste est déterminée par décret en Conseil d'Etat sont, à peine d'irrecevabilité, précédés d'une tentative de médiation () ". Aux termes de l'article R.213-12 du même code : " Lorsqu'un tribunal administratif est saisi dans le délai de recours contentieux d'une requête n'ayant pas été précédée d'une médiation qui était obligatoire, son président ou le magistrat qu'il délègue rejette cette requête par ordonnance (). ".
3. Aux termes enfin de l'article 2 du décret du 25 mars 2022 susvisé relatif à la procédure de médiation préalable obligatoire applicable à certains litiges de la fonction publique et à certains litiges sociaux : " La procédure de médiation préalable obligatoire prévue par l'article L. 213-11 du code de justice administrative est applicable aux recours formés par les agents publics à l'encontre des décisions administratives suivantes : () 7° Décisions administratives individuelles défavorables concernant l'aménagement des conditions de travail des fonctionnaires qui ne sont plus en mesure d'exercer leurs fonctions dans les conditions prévues par les décrets du 30 novembre 1984 et du 30 septembre 1985 susvisés.() ". Par ailleurs, aux termes de l'article 3 du même décret : " Les agents publics concernés par la procédure de médiation préalable obligatoire sont : / 1° Les agents de la fonction publique de l'Etat affectés dans les services académiques et départementaux, les écoles maternelles et élémentaires et les établissements publics locaux d'enseignement du ressort de celles des académies qui figurent sur une liste arrêtée par le garde des sceaux, ministre de la justice et le ministre chargé de l'éducation nationale ; () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 1er août 2022 susvisé, l'académie de Nice entre dans le champ de la médiation préalable obligatoire prévue par les dispositions précitées à compter du 1er septembre 2022.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme A, professeure agrégée de sciences industrielles de l'ingénieur affectée au lycée polyvalent Rouvière à Toulon, n'a pas saisi, préalablement à la présentation de sa requête, le médiateur académique territorialement compétent dans les conditions prévues par les dispositions précitées. A supposer même que Mme A ait pris contact avec les services de la rectrice de l'académie de Nice, voire ait formé un recours gracieux auprès du rectorat, ces démarches ne peuvent être regardées comme la saisine du médiateur académique obligatoire préalablement à la présentation de sa requête. Il s'ensuit que sa demande de suspension est, en tout état de cause, manifestement irrecevable.
5. La circonstance, regrettable, que les délais et voies de recours mentionnés dans la décision attaquée n'indiquent pas la médiation préalable obligatoire, n'a pour effet que de rendre inopposable le délai de saisine du médiateur. Cette mention erronée des voies et délai de recours ne saurait cependant s'analyser comme une instruction de présenter directement un recours contentieux auprés du Tribunal. La circonstance, particulièrement regrettable à la supposer établie, que Mme A aurait été mal renseignée par les services de la rectrice de l'académie de Nice quant aux recours susceptibles d'être présentés contre la décision attaquée, est sans incidence sur la recevabilité de sa requête.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A ne peut qu'être rejetée. Toutefois, la décision attaquée de la rectrice de l'académie de Nice, qui autorise la " répartition en blocs horaires de 5 heures maximum " des enseignements de l'intéressée, ne fait pas obstacle, en toute hypothèse, à ce que le chef d'établissement concerné, s'il l'estime compatible avec les contraintes du service, fixe un emploi du temps intégrant l'aménagement de ses horaires en matinée tel que demandé par Mme A.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la rectrice de l'académie de Nice.
Fait à Toulon, le 28 aout 2024.
Le juge des référés,
Signé
JF. SAUTON
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
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Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
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Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026