vendredi 16 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2402687 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 août 2024, M. B A, représenté par Me Oreggia, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 8 avril 2024, par laquelle le préfet du Var a implicitement refusé de la délivrer une carte de résistant d'une durée de validité de 10 ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Var, à titre principal, de lui délivrer la carte de résident sollicitée, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de délivrance d'une carte de résident ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est caractérisée dès lors qu'il projette d'acquérir un bien immobilier d'habitation et que les organismes de crédit refusent d'octroyer des prêts à échéance dépassant la durée de validité du droit au séjour du demandeur ;
- la décision est dépourvue de motivation ;
- elle procède d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il remplit pleinement les conditions pour se voir délivrer une carte de résident.
Vu :
- la requête n° 2402694 enregistrée le 14 août 2024 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision susvisée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Pour justifier l'urgence de sa requête, M. A expose qu'il projette de faire l'acquisition d'un bien immobilier d'habitation situé à la Ciotat mais que les organismes de crédit refusent d'octroyer un prêt lorsque la durée de ce dernier excède la durée de validité du droit au séjour du demandeur. Au soutien de cette allégation, il produit un simple courriel de son conseiller financier daté du 12 juillet 2024 mentionnant que ses partenaires ont cessé d'étudier sa demande en raison de " la problématique de titre de séjour russe ". D'une part, en se bornant à évoquer la seule circonstance que son dossier de demande de prêt immobilier ne soit plus examiné alors que le lien entre cette circonstance et la durée de son titre de séjour n'est pas établie, d'autre part, en n'exposant aucune autre circonstance de nature à caractériser l'urgence de sa situation s'il ne se voit pas délivrer une carte de résident au titre de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors que le préfet du Var lui a, au contraire, renouvelé son titre de séjour pluriannuel pour une durée de 4 ans, M. A n'établit pas la condition d'urgence prévue par les dispositions citées au point 2 justifiant que l'exécution de l'arrêté du 8 avril 2024 soit suspendue.
4. Dans ces conditions, la requête de M. A doit être rejetée comme étant irrecevable.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A.
Fait à Toulon, le 16 août 2024.
Le juge des référés,
Signé
B. Quaglierini
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
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