samedi 14 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2402822 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 août 2024, M. et Mme B représentés par Me Laisné, demandent au juge des référés
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision rendue le 8 juillet 2024 par la Commission de l'académie de Nice rejetant leur demande d'autorisation d'instruction en famille formulée pour leur fille A ;
2°) d'enjoindre au Recteur de l'académie de Nice de leur délivrer une autorisation provisoire pour l'instruction en famille de leur fille A dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête en annulation ;
3°) de condamner l'Etat à leur verser la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article 761-1du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- Il y a urgence à statuer compte tenu de l'imminence de la rentrée scolaire et des mesures à prendre dans cette perspective ;
- Tout au long de l'année, ils ont constaté que leur enfant présentait de réelles difficultés d'adaptation ainsi qu'un changement de comportement avec le développement d'un état nerveux quotidien et une perte de confiance en soi impactant son apprentissage ; de plus, le rythme scolaire insoutenable alourdit sa charge mentale ;
- L'administration n'a pas recherché au regard de la situation de cet enfant, quels étaient les avantages et les inconvénients de son instruction en famille ou à l'école.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2024, la rectrice de l'académie de Nice conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :
- La condition d'urgence n'est pas remplie ;
- Le moyen soulevé n'est pas de nature à faire naître un doute sur la légalité de la décision incriminée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2402805 par laquelle les requérants demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Harang, Vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 13 septembre 2024, M. Harang a lu son rapport et entendu les observations de Me Laisné pour les requérants
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre ; il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. En l'état de l'instruction les moyens invoqués et analysé dans les visas de la présente ordonnance, ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée et par voie de conséquence celles à fin d'injonction et de condamnation au paiement des frais d'instance, doivent être rejetées sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme B et à la rectrice de l'académie de Nice
Fait à Toulon, le 14 septembre 2024.
Le Vice-président,
Juge des référés,
Signé
Ph. Harang
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Le greffier
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