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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2402946

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2402946

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2402946
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge des référés

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé, a annulé l'arrêté du 4 août 2024 par lequel le préfet du Var obligeait M. A B à quitter le territoire français. Le juge a relevé que M. B avait acquis la nationalité française le 16 avril 2018, ce qui le soustrait au champ d'application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La décision préfectorale a donc été jugée entachée d'une méconnaissance de la loi. L'État a été condamné à verser 1 200 euros au requérant au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Macone, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté n° 83-2024-1092 du 4 août 2024 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire ;

2°) à titre subsidiaire, d'annuler l'interdiction de retour sur le territoire français si elle était prononcée à son l'encontre ;

3°) à titre accessoire, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'auteur de l'acte est incompétent ;

- la décision attaquée n'est pas motivée ;

- la décision attaquée est entachée d'erreur de fait et de droit dès lors qu'il a acquis la nationalité française le 16 avril 2018 ;

- la décision attaquée porte atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale en méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informés de ce que le tribunal était susceptible de fonder sa décision sur le moyen d'ordre public tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi dès lors que M. B A, qui a la nationalité française, ne peut pas faire l'objet d'une mesure d'éloignement prise en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Faucher pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 septembre 2024 :

- le rapport de Mme Faucher, juge des référés ;

- les observations de Me Macone pour le requérant.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur le non-lieu à statuer :

1. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait plus lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.

2. Le préfet du Var a produit la notification d'un arrêté du 9 septembre 2024 retirant l'arrêté en litige du 4 août 2024. Pour autant, ce retrait, postérieur à l'introduction de la requête, n'a pas acquis au jour du jugement un caractère définitif. Par suite, les conclusions de la requête ne sont pas devenues sans objet.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

3. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté que M. B a acquis la nationalité française le 16 avril 2018.

4. Le préfet a donc méconnu le champ d'application de la loi en prenant à l'encontre de M. B une mesure d'éloignement en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté pris le 4 août 2024 à l'encontre de M. B, lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, doit être annulé.

Sur les frais liés au litige :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros, à verser à M. B, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E

Article 1er : L'arrêté du 4 août 2024 est annulé.

Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Var.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

S. Faucher

La greffière,

Signé

C. Picard

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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