vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2403001 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 septembre 2024 à 11h38, M. C A, représenté par Me Valazza, demande au juge des référés du tribunal administratif, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative (CJA) :
1°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'un an portant la mention " vie privée et familiale " (CST VPF) ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de " 100 " ou de " 1 000 " euros, en application de l'article L. 761-1 du CJA ;
3°) de condamner l'État aux dépens.
Il soutient que l'État porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté fondamentale de travailler et d'entreprendre, dès lors que le refus du préfet du Var d'exécuter matériellement la décision de délivrance d'une CST VPF du 9 novembre 2023 engendre des difficultés pour travailler et pour entreprendre.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ;
- le code de justice administrative (CJA).
La présidente du tribunal administratif a désigné M. B pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que la carte de résident d'une durée de dix ans dont était titulaire M. A, ressortissant marocain né le 2 juillet 1995, lui a été retirée par un arrêté du préfet du Var du 9 novembre 2023, contre lequel un recours pour excès de pouvoir est pendant devant le tribunal administratif (dossier n° 2400010). Cet arrêté prévoit à son article 2 : " Une carte de séjour temporaire d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est attribuée à M. C A, une fois que ce dernier aura restitué sa carte de résident. ". Après qu'il a restitué la carte de résident en cause, un " récépissé de demande de carte de séjour " a été délivré au requérant par le préfet du Var. Ce document a été plusieurs fois renouvelé et le récépissé valable jusqu'au 3 octobre 2024 porte la mention expresse : " Il autorise son titulaire à travailler ". Mais au motif du caractère pendant du recours contre la décision de retrait de la carte de résident, le préfet du Var refuse d'exécuter matériellement la décision de délivrance d'une CST VPF.
2. L'article L. 521-2 du CJA prévoit : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient de ces dispositions est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.
3. L'article L. 522-3 du même code prévoit : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
4. Le requérant se prévaut des difficultés professionnelles qu'il rencontre du fait des agissements du préfet du Var à son encontre, qui ont pour effet de le placer dans une situation administrative précaire. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le document de séjour dont M. A est actuellement titulaire l'autorise à travailler. Les difficultés qu'éprouve l'intéressé, pour réelles qu'elles soient, ne sont ainsi pas de nature à justifier d'une situation rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale dans un délai de 48 heures. Elles ne suffisent donc pas à caractériser une situation d'urgence particulière.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, que la demande en référé de M. A ne présente pas un caractère d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-2 du CJA. Elle doit donc être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement des articles R. 761-1 et L. 761-1 du CJA.
6. Le rejet de la requête ne fait toutefois pas obstacle à ce que M. A, s'il s'y croit fondé, saisisse le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du CJA.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au préfet du Var.
Fait à Toulon le 13 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
A. B
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en cheffe,
Et par délégation,
La greffière.
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