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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2403013

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2403013

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2403013
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon a été saisi par Mme C d’une demande de suspension de la décision de la commission diocésaine d’appel de l’enseignement catholique du Var refusant le passage en classe de cinquième de sa fille. Le juge des référés a rejeté la requête comme portée devant une juridiction incompétente. Il a estimé que les actes des établissements d’enseignement privés sous contrat, même s’ils participent au service public, ne relèvent de la compétence administrative que s’ils comportent l’exercice d’une prérogative de puissance publique, ce qui n’était pas le cas en l’espèce. Le litige relève donc de la compétence de la juridiction judiciaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 septembre 2024 sous le n° 2403013, Mme A C doit être regardée comme demandant au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision du 2 juillet 2024 par laquelle la commission diocésaine d'appel de l'enseignement catholique du Var a décidé de maintenir sa fille B C, en classe de 6ème.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-la requête au fond ;

-le code de justice administrative.

Le vice-président du Conseil d'Etat a désigné M. Harang en qualité de président du Tribunal par intérim par arrêté du 30 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes, d'une part, de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais " et aux termes de l'article L. 521-1 du même code : Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". L'article L. 521-3 de ce code prévoit : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

2. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 522-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L.521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () " tandis que l'article L. 522-3 prévoit que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1 ".

4. Mme C conteste la décision par laquelle, le 2 juillet 2024, la commission diocésaine d'appel de l'enseignement catholique du Var a refusé le passage en classe de cinquième de sa fille, B, scolarisée au collège St Joseph, à Ollioules.

5. Si les établissements d'enseignement privés sous contrat d'association participent au service public de l'éducation, les actes pris notamment à l'égard des élèves par les responsables de ces établissements ou par les institutions propres à l'enseignement privé au sein desquelles ces établissements sont représentés, ne ressortissent à la compétence de la juridiction administrative que pour autant qu'elles comportent l'exercice d'une prérogative de puissance publique. La circonstance que les décisions relatives à l'orientation des élèves des établissements d'enseignement privés sous contrat sont applicables dans l'enseignement public ne saurait à elle seule faire regarder ces décisions comme comportant l'exercice d'une prérogative de puissance publique (cf. CE, 4 juillet 1997, n° 162264, A).

6. Par suite, le litige dont Mme C a saisi le présent du Tribunal ne ressort pas de la compétence de la juridiction administrative et il n'appartient qu'à la juridiction judiciaire, et à ce titre, en premier ressort, au tribunal judiciaire, de connaître de ce litige. Dès lors, la requête de Mme C tendant à la mise en œuvre des dispositions des articles L. 521-1 et L. 521-3 du code de justice administrative doit être rejetée comme portée devant une juridiction manifestement incompétente pour en connaître.

O R D O N N E

Article 1er : La requête n°2403013 de Mme C est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C.

Fait à Toulon, le 11 octobre 2024.

Le président du Tribunal par intérim,

Signé

Ph. HARANG

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

2403013

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