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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2403059

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2403059

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2403059
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantBUFFET SÉVERINE AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 13 juin 2024 par lequel le maire de la commune de Hyères s'est opposé à la déclaration préalable déposée en vue de la création d'une antenne relais de téléphonie mobile, sur une parcelle cadastrée n°83069 HB 0071 située 85 impasse Lou Biou à Hyères, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre, à titre principal, au maire de la commune défenderesse d'avoir à lui délivrer une décision de non-opposition dans un délai d'un mois courant à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et ce, sous astreinte de 500 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, d'avoir à réinstruire sa déclaration préalable en prenant une décision dans un délai d'un mois courant à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Hyères une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société Free Mobile soutient que :

La condition d'urgence est satisfaite, dès lors qu'eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile tant 3 G que 4 et 5 G et aux intérêts propres de la société Free Mobile, et en particulier à la circonstance que le territoire de la presqu'île de Giens, dans la zone concernée, n'est que partiellement couvert par les réseaux de téléphonie mobile de la société requérante, la condition d'urgence doit, dans les circonstances de l'espèce, être regardée comme remplie ;

Les moyens invoqués sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : incompétence du signataire de l'acte, méconnaissance de l'autorité de chose décidée qui s'attache à l'ordonnance rendue le 23 mai 2024 par le juge des référés du Tribunal, caractère suffisant du dossier de déclaration préalable pour permettre d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement, à défaut méconnaissance de l'article R. 423-22 du code de l'urbanisme imposant à la commune d'inviter à compléter le dossier, erreur d'appréciation quant au défaut d'insertion du projet dans son environnement, erreur de droit dans l'application des dispositions de l'article UD11 relatives aux émergences en toiture compte tenu de la dérogation prévue par les dispositions générales du PLU en faveur des constructions, installations ou ouvrages nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2024, la commune de Hyères, représentée par Me Buffet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société Free Mobile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors notamment qu'une non opposition à déclaration préalable a été délivrée le 2 octobre 2024 à la société Free Mobile pour un projet similaire, mais mieux intégré à son environnement, de création d'une antenne relais de téléphonie mobile sur la même parcelle;

- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de sa décision.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 12 aout 2024 sous le numéro 2402666 par laquelle la société Free Mobile demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Sauton, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 3 octobre 2024.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Aparicio, greffière d'audience, M. Sauton a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Mirabel pour la société Free Mobile.

Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. La société Free mobile, opérateur de téléphonie mobile, demande la suspension de l'arrêté du 13 juin 2024 par lequel le maire de la commune de Hyères, motif pris d'un défaut d'insertion dans son environnement, s'est opposé à la déclaration préalable déposée en vue de la création d'une antenne relais de téléphonie mobile, sur une parcelle cadastrée n°83069 HB 0071 située 85 impasse Lou Biou à Hyères.

3. Aux termes du premier alinéa de l'article L.600-3 du code de l'urbanisme : "Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. La condition d'urgence prévue à l'article L.521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite ".

4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. En ce qui concerne une décision de refus de permis de construire ou d'opposition à déclaration préalable, il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi d'une demande de suspension, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets du refus de permis litigieux ou de l'opposition à déclaration préalable sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. À cette fin, l'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, en tenant compte, notamment, des conséquences qui seraient susceptibles de résulter, pour les divers intérêts en présence, de la délivrance d'un permis de construire ou d'une non opposition à déclaration préalable provisoire à l'issue d'un réexamen de la demande ordonné par le juge des référés.

5. Il résulte de l'instruction qu'un arrêté du maire de la commune de Hyères portant non opposition à déclaration préalable a été délivré le 2 octobre 2024 à la société Free Mobile pour un projet similaire, mais mieux intégré à son environnement selon la commune, de création d'une antenne relais de téléphonie mobile sur la même parcelle. Par suite, la société Free Mobile, qui a désormais la faculté d'édifier son antenne relais sur la parcelle concernée, ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant une situation d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative à obtenir la suspension provisoire de l'exécution de l'arrêté du 13 juin 2024 par lequel le maire de la commune de Hyères s'est opposé à la déclaration préalable précédente.

6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner s'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, les conclusions à fin de suspension doivent être rejetées.

7. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles tendant à mettre à la charge de la commune de Hyères les frais exposés et non compris dans les dépens, ne peuvent qu'être rejetées.

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Free Mobile une somme en application desdites dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Free mobile est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Hyères au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Free mobile et à la commune de Hyères.

Fait à Toulon, le 4 octobre 2024.

Le vice-président désigné,

signé

JF. SAUTON

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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