vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2403061 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 septembre et le 2 octobre 2024, Mme E et M. B A et Mme D A, représentés par Me TAUPENAS, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 4 décembre 2023 par lequel la maire de la ville de Toulon ne s'est pas opposée à la déclaration préalable déposée par la société Phenix en vue de créer un portail et stationnement et de démolir un mur sur une parcelle cadastrée n°137 AP 447, située 4 impasse Bayle à Toulon, ensemble de la décision du 8 avril 2024 rejetant leur recours gracieux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) de mettre à la charge de la ville de Toulon et de la société Phenix une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les consorts A soutiennent que :
la requête est recevable : au regard de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, a été enregistrée dans le délai de recours contentieux, au regard de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme, une requête au fond été présentée, les requérants ont intérêt pour agir ;
La condition d'urgence est satisfaite, dès lors qu'elle est présumée ;
Le moyen invoqué est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : méconnaissance de l'article UD3 du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2024, la ville de Toulon conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête en référé est irrecevable : à défaut d'occupation régulière et d'intérêt pour agir,
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de sa décision.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 17 juin 2024 sous le numéro 2401899 par laquelle les Consorts A demandent l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Sauton, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 3 octobre 2024.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Aparicio, greffière d'audience, M. Sauton a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Taupenas pour les consorts A,
- celles de Mme F pour la ville de Toulon,
- et celles de M. C pour la société Phenix.
Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Les consorts A, occupants d'un immeuble adjacent au terrain d'assiette du projet, demandent la suspension de l'arrêté du 4 décembre 2023, par lequel la maire de la ville de Toulon ne s'est pas opposée à la déclaration préalable déposée par la société Phenix en vue de créer un portail et stationnement et de démolir un mur sur une parcelle cadastrée n°137 AP 447, située 4 impasse Bayle à Toulon, ensemble de la décision du 8 avril 2024 rejetant leur recours gracieux
3. En l'état de l'instruction, le moyen invoqué, tiré de la méconnaissance de l'article UD3 du plan local d'urbanisme de la ville de Toulon, n'est pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête ou de rechercher si la condition tenant à l'urgence est satisfaite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution des décisions attaquées doivent être rejetées.
4. Par voie de conséquence, les conclusions tendant à mettre à la charge de la ville de Toulon et de la société Phenix les frais exposés et non compris dans les dépens, ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête des consorts A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E et M. B A et Mme D A, à la ville de Toulon et à la société Phenix.
Fait à Toulon, le 4 octobre 2024.
Le vice-président désigné,
signé
JF. SAUTON
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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