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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2403098

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2403098

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2403098
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon a rejeté la requête de M. B, qui demandait l’annulation de la décision implicite du préfet du Var refusant de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de titre de séjour. Le juge a estimé que cette décision était inexistante, car l’absence de renouvellement de l’attestation au-delà du 21 août 2024 révélait une décision implicite de rejet de la demande de renouvellement du titre de séjour, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. En conséquence, les conclusions de M. B ont été jugées manifestement irrecevables sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Aït Mehdi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 août 2024 par laquelle le préfet du Var a refusé implicitement de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet du Var de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

-l'ordonnance de référé n°2403153 du 2 octobre 2024 ;

-les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ". Aux termes de l'article R.421-1 du code de justice administrative : " la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".

2. Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois ". Aux termes de l'article R. 432-1 du même code : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".

3. Il résulte des pièces du dossier que M. B a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le 22 février 2024. Le préfet du Var lui a délivré une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 21 août 2024. L'absence de renouvellement au-delà du 21 août 2024 de l'attestation de prolongation d'instruction ne peut que révéler l'existence, à cette date, d'une décision implicite de rejet opposée par le préfet du Var à la demande de renouvellement de son titre de séjour. Dès lors, il y a lieu de considérer que la décision attaquée refusant implicitement de délivrer une attestation de prolongation d'instruction est inexistante. Par suite, les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de la décision implicite de refus de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction sont irrecevables et doivent être rejetées comme telles en application des dispositions du 4° de l'article R.222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée pour information au préfet du Var.

Fait à Toulon, le 3 octobre 2024.

Le président,

Signé

JF. SAUTON

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier.

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