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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2403115

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2403115

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2403115
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension d’un permis de construire modificatif délivré par le maire de La Crau pour une clôture et un portail. Le juge a estimé que les moyens invoqués par le requérant étaient dépourvus de fondement juridique et que la requête était manifestement mal fondée au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. Les conclusions visant un « référé préventif » ont également été rejetées comme irrecevables, cette procédure n’existant pas en droit administratif.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2024, M. B A demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 17 juin 2024 par laquelle le maire de La Crau a délivré à la SCI Les Voiles un permis de construire modificatif pour une clôture et un portail sur un terrain cadastré BZ 13 ;

2°) de statuer sur " un référé préventif " pour " constater le préjudice actuel et les mesures nécessaires pour y remédier ".

Il soutient que :

- l'affichage n'est pas satisfaisant ;

- la modification oblige à une entrée étroite et en virage ;

- l'aire de retournement se creuse ;

- aucun drainage n'est prévu ;

- le terrain glisse sur la parcelle voisine ;

- la décision ne précise pas les contraintes de cette entrée étroite ;

- une imposante terrasse est construite sans permis.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative, notamment son article L. 522-3.

Le président du tribunal a désigné M. Privat, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation (), le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L.521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (). Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1".

3. Un permis de construire est délivré sous réserve des droits des tiers. Il résulte des moyens susvisés - qui n'ont aucun fondement juridique - que les conclusions aux fins de suspension d'exécution sont manifestement mal fondées. Dès lors elles ne peuvent qu'être rejetées sur le fondement des dispositions précitées.

4. S'agissant des conclusions aux fins de " référé préventif " elles doivent être rejetées comme doublement irrecevables : d'une part car un tel référé n'existe pas sous une telle appellation devant le juge administratif et, d'autre part et en toute hypothèse, car il n'est pas possible de présenter dans le cadre d'un référé suspension des conclusions tendant à un autre type de référé.

ORDONNE

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Toulon, le 25 septembre 2024.

Le juge des référés

Signé

J-M. PRIVAT

La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière.

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