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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2403220

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2403220

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2403220
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon, statuant en référé, a rejeté la requête de M. A qui demandait la suspension de la décision du 2 juillet 2024 relative au dispositif DALO et de la décision du 12 septembre 2024 ordonnant son expulsion. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (incompétence, défaut de motivation, erreur matérielle, absence de vérification des motifs impérieux) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées, sans qu'il soit nécessaire d'examiner la condition d'urgence. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2024, M. C A représentée par Me Falcucci, demande au juge des référés de :

- ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 2 juillet 2024 par laquelle l'Etat indique avoir rempli son obligation de résultat à son égard concernant le dispositif DALO, ensemble la décision du 12 septembre 2024 par laquelle le préfet du Var autorise le Directeur Départemental de la sécurité Publique à prêter son concours à un commissaire de justice pour procéder à son expulsion à compter du 30 septembre 2024 ;

- De condamner l'Etat à lui verser la somme de 1500 € au titre de l'article L. 761-1 du Code de la justice administrative.

Il soutient que :

- La condition d'urgence est en l'espèce satisfaite eu égard à son état de santé, à sa précarité financière, à l'absence de solution de relogement et à l'imminence de l'expulsion, nonobstant ses démarches sérieuses.

- l'incompétence de l'auteur de l'acte devra être retenue à défaut de justification.

- La décision du 2 juillet 2024 devra être annulée pour défaut de motivation, ce qui entraine l'illégalité de la décision du 12 septembre 2024.

- Les dates de propositions de logement telles que visées dans la décision du 2 juillet 2024 sont erronées. La décision du 2 juillet est donc entachée ipso facto d'une erreur matérielle, son illégalité externe devra être constatée et de facto, l'illégalité la décision du 12 septembre 2024.

- le préfet n'a pas vérifié s'il avait fait valoir un motif impérieux pour justifier son refus ce qui est le cas autant pour sa situation médicale très sérieuse qui lui interdit de vivre en étage sans ascenseur, et sur ses craintes légitimes dans un contexte actuel de tensions communautaires.

- Dans sa proposition de logement adressée au demandeur, le bailleur doit l'informer que cette offre lui est faite au titre du Droit au logement opposable (DALO) et attirer son attention sur le fait qu'en cas de refus d'une offre de logement adaptée à ses besoins et capacités, il risque de perdre le bénéfice de la décision de la commission de médiation en application de laquelle l'offre lui est faite ; Il appartient à l'administration d'établir que cette information a été délivrée au demandeur.

Par un mémoire enregistré le 15 octobre 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que ls moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le numéro 2403222 par laquelle M. C A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le vice-président du Conseil d'Etat a désigné M. B en qualité de président du Tribunal par intérim par arrêté du 30 septembre 2024.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 16 octobre 2024, M. B a lu son rapport et entendu les observations de Me Falcucci pour M. C A.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre ; il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués et analysés dans les visas de la présente ordonnance, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence. Il en va de même et par voie de conséquence des conclusions présentées à fin d'injonction et de celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au préfet du Var.

Fait à Toulon, le 17 octobre 2024.

Le président du Tribunal par intérim,

signé

Ph. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Le greffier

2403220

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