LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2403337

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2403337

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2403337
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge des référés

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé, a rejeté la requête de M. C, ressortissant turc, contestant le renouvellement de son assignation à résidence pour 45 jours. Le juge a écarté les moyens d’insuffisance de motivation, d’absence d’interprète et d’erreur de droit, estimant que la décision était conforme aux articles L. 732-1 et R. 733-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il a également jugé que la mesure n’était pas disproportionnée au regard de la situation personnelle et professionnelle du requérant, notamment ses horaires de travail de maçon. La solution retenue est le rejet de l’ensemble des conclusions, y compris celles relatives aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 octobre 2024, M. B C, représenté par Me Bertelle, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté préfectoral du 23 septembre 2024, qui lui a été notifié le 4 octobre 2024, par lequel le Préfet du Var a renouvelé son assignation à résidence pour une durée de 45 jours ;

2°) d'enjoindre au préfet du Var de réexaminer sa demande, et ce, dans le délai d'un mois à compter du présent jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article 761-1 du Code de la Justice Administrative.

Il soutient que :

- la décision d'assignation à résidence est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; l'administration n'a pas effectué un examen complet de sa situation personnelle ;

- la décision d'assignation à résidence est illégale en raison de l'absence d'interprète en langue turque ; cette décision méconnait donc les dispositions de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; s'il a été assisté d'un interprète en langue turque lors de la notification de la décision initiale d'assignation à résidence du 30 juillet 2024, ce n'est pas le cas pour la décision qui renouvelle cette assignation le 23 septembre 2024 ;

- La décision d'assignation à résidence est entachée d'une erreur de droit car la décision ne mentionne aucunement le lieu désigné pour cette assignation, que ce soit dans la décision ou dans le courrier d'accompagnement ;

- La décision d'assignation à résidence a un caractère disproportionné ; l'interdiction de quitter son domicile tous les jours de la semaine entre 9 heures et 12 heures apparaît disproportionnée au regard de ses obligations professionnelles ; M. C exerce la profession de maçon, en CDI, au sein de la société Keno Bat ; ses horaires de travail sont du lundi au vendredi, de 8 heures à 12 heures et de 14 heures à 17 heures ; en outre, il est susceptible de quitter le département pour exercer son activité professionnelle ;

- il vit en concubinage avec Mme A depuis deux années et il s'est marié religieusement avec elle le 16 octobre 2022 ; un enfant est né de cette union le 17 juin 2023.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bailleux pour statuer sur les requêtes présentées dans le cadre du contentieux de l'éloignement, contre les décisions prises à l'égard d'un étranger en situation irrégulière faisant l'objet d'une assignation à résidence.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, ont été entendus :

- Le rapport de M. Bailleux, magistrat désigné,

- Les observations de Me Bertelle, représentant M. C,

- Et les observations de M. C, présent à l'audience et assisté d'une interprète en langue turque.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C est un ressortissant de nationalité turque, né le 12 décembre 1999 à Mus en Turquie. Il est entré en France à une date indéterminée, muni d'une carte d'identité turque. Il a fait l'objet d'un arrêté portant refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français, en conséquence du rejet de sa demande d'asile par l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 15 septembre 2021, confirmé par la cour nationale du droit d'asile le 23 mars 2022. Le 30 juillet 2024, suite à son interpellation et placement en retenue administrative, M. C a reçu un arrêté prononçant son assignation à résidence sur le fondement de l'arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français du 14 avril 2023, qui n'a pas fait l'objet d'un recours contentieux. Le 2 septembre 2024, cet arrêté d'assignation à résidence a été renouvelé une première fois. Le 23 septembre 2024, l'assignation à résidence a à nouveau été prolongée pour une durée de 45 jours à compter du 28 octobre 2024. Il s'agit de la décision contestée dans la présente instance.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du préfet du Var du 23 septembre 2024

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".

3. Le requérant soutient que la décision attaquée ne mentionne pas l'adresse de son domicile personnel, que ce soit dans la décision même ou dans le courrier de notification. Ainsi, il soutient que l'arrêté en litige méconnait les dispositions précitées de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'article 1er de l'arrêté en litige indique que l'assignation à résidence de M. C est renouvelée pour une durée de 45 jours à compter du 28 octobre 2024 dans le département du Var, à la commune du Var. Ainsi que le soutient le requérant, l'adresse de son domicile ne figure pas dans cet arrêté, même si sur ce point le préfet du Var indique que l'adresse du requérant est indiquée dans le deuxième considérant de l'arrêté. Il ressort donc des pièces du dossier que le requérant est fondé à soutenir que la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. En second lieu, le requérant soutient que l'assignation à résidence est disproportionnée car elle ne lui permet pas d'exercer ses obligations professionnelles. Il doit être ainsi regardé comme soulevant le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de l'arrêté en litige. Il poursuit en indiquant qu'il dispose d'un contrat à durée indéterminée qui a été signé le 25 juillet 2022 avec l'entreprise Keno Bat sur la commune de Draguignan, dont le gérant est le frère de M. C. Ce dernier a d'ailleurs confirmé, par une attestation, que les horaires de travail de M. C étaient de 8 heures à 12 heures et de 14 heures à 17 heures, chaque jour de la semaine, du lundi au vendredi. Le requérant indique que les horaires de l'assignation à résidence ne lui permettent pas d'honorer ces horaires de travail et donc de subvenir aux besoins de sa famille, sa femme ne travaillant pas et le couple ayant une fille née au mois de juin 2023. Si le préfet du Var conteste la vie commune de M. C avec la mère de son enfant, il ressort toutefois des pièces du dossier que si M. C et Mme A ne se sont pas mariés civilement, ils ont célébré leur mariage religieux le 16 octobre 2022, ainsi qu'en attestent les photographies produites à l'instance, ainsi que plusieurs attestations de la famille ou de proches. En outre, il est constant qu'un enfant est né de cette union le 17 juin 2023. M. C produit enfin à l'instance des factures, notamment d'électricité mentionnant son nom ainsi que celui de sa compagne et mère de son enfant, au domicile conjugal situé au 20 chemin de Folletière sur la commune de Draguignan.

5. Enfin, si le préfet du Var indique que le requérant n'a pas exécuté une mesure d'éloignement et ne dispose pas de ce fait d'un droit au travail, le requérant produit toutefois à l'instance un courriel de la préfecture (bureau employeurs étrangers) daté du 25 juillet 2022 qui autorise M. B C à travailler. En outre, l'employeur de M. C a effectué auprès de l'URSSAF une déclaration préalable à l'embauche (DPAE), à la même date, le 25 juillet 2022. Il résulte donc de ce qui précède que M. C a été autorisé à travailler par les services de la préfecture.

6. Il résulte donc de l'ensemble des pièces du dossier que, dans les circonstances particulières de l'espèce, l'arrêté d'assignation à résidence, qui oblige M. C à demeurer à son domicile chaque jour de la semaine, de 9 heures à 12 heures, est disproportionné et ne permet pas au requérant de travailler afin de subvenir aux besoins de sa famille, notamment de sa femme, qui ne travaille pas et de son enfant né en juin 2023. M. C est ainsi fondé à soutenir que les modalités d'assignation à résidence qui lui ont été imposées, qui sont divisibles de la mesure d'assignation elle-même, sont entachées d'erreur d'appréciation et à en obtenir, pour ce motif, l'annulation.

7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'accueillir ces deux moyens d'annulation et d'annuler la décision en litige du 23 septembre 2024 par laquelle le préfet du Var a prononcé le renouvellement de l'assignation à résidence de M. C, et ce sans qu'il soit nécessaire d'examiner les autres moyens de la requête.

Sur les conclusions à fin d'injonction

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au préfet du Var, de procéder au réexamen du dossier de M. C en prenant en compte les termes de la présente décision, dans un délai d'un mois à compter de sa notification.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, à mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à M. C, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La décision du préfet du Var du 23 septembre 2024 portant renouvellement de l'assignation à résidence de M. C est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Var de procéder au réexamen de la situation de M. C, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision.

Article 3 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. B C et au préfet du Var.

Fait à Toulon, le 25 octobre 2024.

Le magistrat désigné

signé

F. BAILLEUX

La greffière

signé

L. APARICIO

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière

2403337

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions