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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2403354

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2403354

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2403354
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté d'expulsion pris par le préfet du Var à l'encontre de M. B, ressortissant algérien. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'erreur manifeste d'appréciation, de la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de la Convention internationale des droits de l'enfant, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La condition d'urgence n'a pas été examinée, le rejet étant fondé sur l'absence de moyen sérieux. La décision s'appuie sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative et l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Jarraya, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du préfet du Var en date du 20 octobre 2022 portant expulsion du territoire français à destination de l'Algérie, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de communiquer à l'audience aux parties le dispositif de l'ordonnance à prendre, conformément à l'article R. 522-13 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

-sa requête est recevable ;

-la condition d'urgence est satisfaite, dès lors qu'elle est présumée contre un arrêté d'expulsion, d'autant que la décision attaquée séparera le père de ses deux filles ;

-les moyens invoqués sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : erreur manifeste d'appréciation quant à l'existence d'une menace pour l'ordre public et quant à la proportion entre la menace pour l'ordre public et sa vie privée et familiale, erreur de faits quant à l'existence d'une séparation des époux et de l'absence de contribution à l'entretien et l'éducation de ses deux enfants, violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, violation des articles 3 et 7 alinéa 1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de sa décision.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 20 décembre 2022 sous le numéro 2203550 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Sauton, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 23 octobre 2024.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Aparicio, greffière d'audience, M. Sauton a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Jarraya pour M. B,

- en l'absence des services du préfet du Var.

Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien, retenu au centre de rétention administrative de Perpignan depuis sa sortie du centre pénitentiaire de la Farlède, demande d'ordonner la suspension de l'arrêté du préfet du Var en date du 20 octobre 2022 portant expulsion du territoire français à destination de l'Algérie.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Eu égard à son objet et à ses effets, une décision prononçant l'expulsion d'un étranger du territoire français porte, en principe, par elle-même atteinte de manière grave et immédiate à la situation de la personne qu'elle vise et crée, dès lors, une situation d'urgence justifiant que soit, le cas échéant, prononcée la suspension de cette décision.

4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, sans qu'il soit besoin de rechercher si la condition tenant à l'urgence est satisfaite, ni de communiquer à l'audience aux parties le dispositif de la présente ordonnance, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du Var.

Copie en sera remise pour information au préfet des Pyrénées-Orientales.

Fait à Toulon, le 24 octobre 2024.

Le vice-président désigné,

signé

JF. SAUTON

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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