jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2403376 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 et 21 octobre 2024 la SAS Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au tribunal :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 19 avril 2024 par laquelle le maire de Ramatuelle s'est opposé à sa déclaration préalable en vue de l'implantation d'un relais de téléphonie mobile sur un terrain cadastré AI 517, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de lui enjoindre d'y faire droit sous un mois et 500 euros par jour de retard ou subsidiairement de la réinstruire sous un mois ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Ramatuelle la somme de 5000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision du 19 avril 2024, il est constitué car :
- elle est entachée d'incompétence ;
- le motif tiré de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme est entaché d'erreur de droit dès lors que l'article N 11 du règlement du plan local d'urbanisme fixe des exigences qui ne sont pas moindres ;
- le motif tiré dudit article N 11 est entaché d'erreur d'appréciation ;
- les motifs tirés des articles L. 121-23 et R. 121-5 du code de l'urbanisme sont entachés d'erreur d'appréciation et, au surplus, le 6° de ce dernier article autorise la construction des aménagements légers et notamment " des équipements d'intérêt général nécessaires à la sécurité des populations " ;
- le motif tiré de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme est entaché d'erreur d'appréciation ;
- le motif tiré de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme est entaché d'erreur d'appréciation ;
- le motif tiré de l'article N 6 du règlement du plan local d'urbanisme est entaché d'erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2024, la commune de Ramatuelle, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la requérante à lui payer la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision : il n'est pas constitué car aucun des moyens n'est de nature à entraîner un tel doute ;
- Elle demande des substitutions de motifs sur le fondement des articles suivants :
. L. 121-23 et R. 121-5 du code de l'urbanisme et N 2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
. L. 121-13 du code de l'urbanisme ;
. L. 121-8 du code de l'urbanisme ;
. N 6 du règlement du plan local d'urbanisme.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond.
Vu
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme en vigueur ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Privat, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 octobre 2024 :
- le rapport de M. Privat, juge des référés ;
- les observations de Me Mirabel pour la requérante ;
- les observations de M. A pour la défenderesse.
Les parties ayant été informées que l'instruction serait close à l'issue de l'audience en application des dispositions de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués par la société requérante n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la demande de substitution de motifs. Par suite elle n'est pas fondée à en demander la suspension d'exécution. Par voie de conséquence ses conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
3. Les dispositions susvisées font obstacle à ce que la défenderesse, qui n'est pas dans la présente instance la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, soient condamnée à payer à la requérante quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société requérante la somme de 500 euros à verser à la commune de Ramatuelle au titre de ces dispositions.
ORDONNE
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : La SAS Free Mobile est condamnée à payer à la commune de Ramatuelle la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Free Mobile et à la commune de Ramatuelle.
Fait à Toulon, le 24 octobre 2024.
Le vice-président désigné,
signé
J-M. PRIVAT
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
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