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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2403377

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2403377

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2403377
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGRIMALDI & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'opposition du maire de Bormes les Mimosas à la déclaration préalable de la SAS Free Mobile pour l'implantation d'un relais de téléphonie mobile. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés par la société requérante, notamment ceux tirés de l'incompétence et de l'erreur d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. En conséquence, les conclusions aux fins d'injonction ont également été rejetées, et les frais de justice ont été laissés à la charge de chaque partie.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 octobre 2024 la SAS Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au tribunal :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 5 juin 2024 par laquelle le maire de Bormes les Mimosas s'est opposé à sa déclaration préalable en vue de l'implantation d'un relais de téléphonie mobile sur un terrain cadastré G 747 ;

2°) de lui enjoindre d'y faire droit sous un mois et 500 euros par jour de retard ou subsidiairement de la réinstruire sous un mois ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Bormes les Mimosas la somme de 5000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision il est constitué car :

- elle est entachée d'incompétence ;

- le motif tiré de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme est entaché d'erreur de droit car la commune n'a pas raisonné dans les deux temps requis par la jurisprudence : d'abord apprécier la qualité du site et ensuite l'impact du projet ;

- le motif tiré dudit article R. 111-27 est entaché d'erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2024, la commune de Bormes les Mimosas, représentée par Me Grimaldi, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la requérante à lui payer la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision : il n'est pas constitué car aucun des moyens n'est de nature à entraîner un tel doute ;

- Elle demande des substitutions de motifs sur le fondement des articles suivants : articles 10 A et 3 A du règlement du plan local d'urbanisme et 12 de ses dispositions générales.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond.

Vu

- le code de l'urbanisme ;

- le plan local d'urbanisme en vigueur ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Privat, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 octobre 2024 :

- le rapport de M. Privat, juge des référés ;

- les observations de Me Mirabel pour la requérante qui demande d'écarter les demandes de substitution de motifs lesquels sont entachés d'un doute sérieux quant à leur légalité ;

- les observations de Me Bouakfa pour la défenderesse.

Les parties ayant été informées que l'instruction serait close à l'issue de l'audience en application des dispositions de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués par la société requérante n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, sans qu'il soit besoin de statuer sur les demandes de substitution de motifs. Par suite elle n'est pas fondée à en demander la suspension d'exécution. Par voie de conséquence ses conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacun la charge de ces frais.

ORDONNE

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Bormes les Mimosas présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Free Mobile et à la commune de Bormes les Mimosas.

Fait à Toulon, le 24 octobre 2024.

Le vice-président désigné,

signé

J-M. PRIVAT

La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière.

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