vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2403410 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 octobre 2024, Mme D A C épouse B, représentée par Me BENLEBNA, demande au tribunal sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au sous-préfet de Draguignan, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative :
- A titre principal, de statuer sous le délai d'un mois sur sa demande de titre de séjour ;
- Subsidiairement, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat (sous-préfet de Draguignan) une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A C soutient que :
- elle a déposé une demande titre de séjour vie privée et familiale le 29 septembre 2021 ;
- la condition d'urgence est remplie, compte tenu notamment de la contrainte de ne pas pouvoir s'insérer professionnellement et socialement alors même que ses enfants sont en bas âge et que sa situation administrative reste précaire, ne pouvant subvenir aux besoins de ses enfants, ni avoir de droits à cet égard ; malgré de multiples relances auprès de la sous-préfecture ;
- elle a droit à un récépissé ; le délai pris n'est pas raisonnable ;
- la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ; aucune décision n'a été prise, des récépissés lui sont délivrés.
La requête a été communiquée le 12 octobre 2024 aux services du préfet du Var.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Sauton, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : "En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision." et aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Saisi sur ce fondement d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
3. Il résulte de l'instruction que Mme A C a sollicité auprès des services du préfet du Var la délivrance d'un titre de séjour, par une demande datée du 29 septembre 2021, et que de multiples récépissés de sa demande lui ont été remis. Le dernier récépissé datant du 12 septembre 2024. Pour justifier de l'urgence à ce qu'il soit enjoint au préfet de statuer sur sa demande, l'intéressée soutient que la carence de ce dernier dans l'instruction de sa demande la place dans une situation administrative l'empêchant de travailler, alors qu'elle a des enfants en bas âge, et que le délai pris par les services de l'Etat pour examiner son droit au séjour est anormalement long. Dans ces conditions et dès lors que la demande d'admission au séjour de la requérante a été reçue par l'administration il y plus de trois ans et que Mme A C a relancé les services de l'Etat par courrier enregistré le 4 juillet 2024, en vain, la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité et d'urgence. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que le prononcé de cette mesure ferait obstacle à l'exécution d'une quelconque décision administrative, compte tenu des récépissés délivrés qui attestent de la prolongation de l'instruction de sa demande.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les conclusions présentées à titre subsidiaire tendant à la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet du Var de statuer sur la demande de titre de séjour de Mme A C, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat (préfet du Var), partie perdante, le versement à Mme A C d'une somme de 800 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : Il est enjoint au préfet du Var de statuer sur la demande de titre de séjour de Mme A C, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : L'Etat versera à Mme A C la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A C et au préfet du Var.
Copie en sera adressée pour information à la sous-préfète de Draguignan.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Fait à Toulon, le 25 octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
JF. SAUTON
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026