mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2403413 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2024 2024, M. et Mme B représentés par Me Bomstain, demandent au juge des référés de :
- Suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision de refus en date du 16 septembre 2024 opposée par la Commission des recours de l'Académie de Nice, suite au RAPO formé à l'encontre de la décision de refus du 8 juillet 2024 à la demande formulée aux fins d'autorisation d'instruction dans la famille pour l'enfant Giulia ;
- Enjoindre à l'Etat de délivrer une autorisation provisoire d'instruction à la maison, dans le délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, et sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
- Mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est irrégulière, dès lors qu'insuffisamment motivée, contrairement aux exigences des dispositions combinées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
- il n'est aucunement justifié de ce que la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure régulière et, en particulier, que la commission académique était valablement composée et que le quorum était atteint, conformément aux règles fixées par les articles D. 131-11-11 et D. 131-11-12 du code de l'éducation.
- la Commission des recours a porté une appréciation sur les éléments fournis dans le cadre de la demande des requérants, notamment dans le projet éducatif soumis à son analyse, au titre de la situation propre à leur enfant. En effet, l'Administration a considéré, à tort, que lesdits éléments ne reflétaient pas la situation propre de l'enfant, ce qui revient à porter une appréciation remettant en cause l'existence de celle-ci. Ainsi, en portant une appréciation sur la notion même de situation propre à l'enfant, l'Administration a commis une erreur de droit qui créé un doute sérieux sur la légalité de la décision de rejet.
- l'administration a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'examen, s'il a eu lieu, des éléments soumis à son appréciation dans la mesure où elle ne s'est concentrée que sur la notion même de situation propre à l'enfant qui ne pouvait en l'état fonder un refus.
- l'administration ne pouvait, sans commettre une erreur de droit, fonder sa décision sur des exigences excédant les seuls critères d'appréciation fixés par les dispositions des articles L. 131-5 et R. 131-11-5 du code de l'éducation.
Par un mémoire enregistré le 21 octobre 2024, la rectrice de l'académie de Nice conclut au rejet de la requête. Elle fait valoir que la condition tenant à l'urgence n'est pas remplie et qu'en outre les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2403416 par laquelle M. et Mme B demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- Le code de l'éducation
- Le code de justice administrative.
Le vice-président du Conseil d'Etat a désigné M. A en qualité de président du Tribunal par intérim par arrêté du 30 septembre 2024.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 22 octobre 2024, M. A a lu son rapport et entendu les observations de Me Durand-Stephan pour M. et Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre ; il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués et analysés dans les visas de la présente ordonnance, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence. Il en va de même et par voie de conséquence des conclusions présentées à fin d'injonction et de celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme B et à la rectrice de l'académie de Nice.
Copie en sera adressée au directeur académique des services de l'éducation nationale du Var
Fait à Toulon, le 22 octobre 2024.
Le président du Tribunal par intérim,
signé
Ph. A
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Le greffier
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