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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2403458

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2403458

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2403458
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon rejette la demande du maire de la commune des Arcs sur Argens, qui sollicitait la désignation d’un expert en vue d’un arrêté de péril pour un effondrement de talus. Le juge rappelle que l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation ne s’applique qu’aux bâtiments, et non aux immeubles non bâtis comme les talus. En conséquence, la procédure de mise en sécurité prévue par ce code est inapplicable. La solution retenue est le rejet de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 octobre 2024, le maire de la commune des Arcs sur Argens demande au juge des référés de nommer un expert, en application des dispositions de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, aux fins d'examiner l'état du talus sur le terrain appartenant à Mme B C, cadastré section D n°2354, sis 67 route Ancienne de Trans aux Arcs sur Argens.

Elle soutient que par un rapport de constatation établi le 16 octobre 2024 par le centre technique municipal, il a été constaté un effondrement du talus de soutènement de la propriété de Mme C ayant entraîné la chute de plusieurs rochers qui ont terminé leur course sur un véhicule stationné sur le bas de la route d'Antony di Pietro et qu'un nouvel éboulement est prévisible. Ainsi, elle se trouve donc dans l'obligation d'engager la procédure de mise en sécurité afin de pouvoir prendre un arrêté de péril.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation, notamment son article L. 511-9 ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Le vice-président du Conseil d'Etat a désigné M. A en qualité de président du Tribunal par intérim par arrêté du 30 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation : " Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre. ".

2. D'autre part, aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () 5° Le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les accidents et les fléaux calamiteux ainsi que les pollutions de toute nature, tels que les incendies, les inondations, les ruptures de digues, les éboulements de terre ou de rochers, les avalanches ou autres accidents naturels, les maladies épidémiques ou contagieuses, les épizooties, de pourvoir d'urgence à toutes les mesures d'assistance et de secours et, s'il y a lieu, de provoquer l'intervention de l'administration supérieure () ". Aux termes de l'article L. 2212-4 du même code : " En cas de danger grave ou imminent, tel que les accidents naturels prévus au 5° de l'article L. 2212-2, le maire prescrit l'exécution des mesures de sûreté exigées par les circonstances () ".

3. Les pouvoirs de police générale reconnus au maire par les dispositions des articles L. 2212-2 et L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales, qui s'exercent dans l'hypothèse où le danger menaçant un immeuble résulte d'une cause qui lui est extérieure, sont distincts des pouvoirs qui lui sont conférés dans le cadre des procédures de mise en sécurité régies par les articles L. 511-1 à L. 511-22 du code de la construction et de l'habitation, auxquels renvoie l'article L. 2213-24 du code général des collectivités territoriales, qui doivent être mises en œuvre lorsque le danger provoqué par un immeuble provient à titre prépondérant de causes qui lui sont propres.

4. L'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation concerne les bâtiments, il exclut les immeubles non bâtis tels que les éboulements de talus. En l'espèce, la requête susvisée n'entre pas dans les cas prévus par les dispositions de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation de procédure de mise en sécurité. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de faire droit à cette demande.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la commune des Arcs sur Argens est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune des Arcs sur Argens.

Fait à Toulon, le 17 octobre 2024.

Le président du Tribunal par intérim,

signé

Ph. A

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière,

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