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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2403551

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2403551

mercredi 30 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2403551
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision de France Travail du 2 octobre 2024 radiant M. B de la liste des demandeurs d'emploi pour six mois et lui supprimant ses allocations. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, le requérant n'ayant pas justifié de manière suffisamment grave et immédiate le préjudice causé par la décision contestée, se bornant à affirmer sans preuve que ses revenus étaient devenus nuls. En conséquence, la requête a été rejetée par ordonnance motivée sans instruction contradictoire ni audience publique, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 2 octobre 2024 par laquelle France Travail l'a radié de la liste des demandeurs d'emploi à compter du 2 octobre 2024 pour une durée de six mois, et lui a supprimé de manière définitive ses allocations.

Il soutient que :

- il n'y a pas eu de débat contradictoire dès lors que la décision contestée n'est pas motivée ;

- France Travail ne démontre l'existence d'aucune fraude ;

- la procédure légale n'a pas été respectée ; à cet égard, le directeur d'agence disposait d'un délai de quinze jours calendaires afin de lui communiquer sa décision ;

- en outre, la notification de la décision n'était pas régulière car elle a été effectuée par le responsable de prévention des fraudes et non par " un directeur d'agence délégué " ; la décision contestée a donc été prise par une autorité incompétente ;

- cette décision est entachée d'un défaut de motivation en violation de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et de l'instruction PE n°2011-193 du 24 novembre 2011 ;

- elle est également entachée d'une " erreur de droit (du principe du contradictoire) (sic) " ;

- le médiateur de France Travail ne s'est pas livré à un réel examen de sa situation, ainsi qu'il ressort de la réponse du 7 octobre 2024 ;

- l'obligation de déclarer son absence, d'une durée de plus de sept jours, de sa résidence principale, dans les soixante-douze heures, n'intervient qu'au moment où l'absence dépasse les sept jours ;

- aucune absence n'est interdite, elle doit être uniquement signalée ;

- pendant son absence de trente-cinq jours aux Philippines, son conseiller aurait dû le contacter et il aurait été en mesure d'apporter les preuves de la continuité de ses recherches d'emploi et de sa disponibilité ;

- la référence à l'article 4 f du règlement d'assurance chômage est erronée car des absences temporaires de la résidence principale située en France sont autorisées à condition de respecter les modalités de déclaration ;

- il en est de même de l'article 25 § 2 de ce règlement ;

- l'article 2 du décret n° 2019-797 n'implique pas que le demandeur d'emploi perde immédiatement ses droits en cas d'absence temporaire pour un voyage ou un séjour à l'étranger ;

- aucune omission ou fausse déclaration lors de l'actualisation mensuelle ne saurait lui être reprochée ;

- selon la direction de l'information légale et administrative (DILA), la juridiction compétente en matière d'aide au retour à l'emploi est le tribunal administratif ;

- les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et le l'administration n'ont pas été respectées ;

- ses faibles revenus sont désormais nuls.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête, enregistrée le 23 octobre 2024 sous le n° 2403543, tendant à l'annulation de la décision en litige.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bernabeu, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".

2. D'autre part, en vertu de l'article L. 522-3 dudit code, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, notamment lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'elle est irrecevable. A cet égard, la condition d'urgence à laquelle est subordonnée le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, ou le cas échéant des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. En l'espèce, M. B, qui se borne à soutenir que " (s)es faibles revenus sont désormais nuls ", sans toutefois en justifier, ne donne aucune indication sur la composition de son foyer, ainsi que les ressources et les charges de ce dernier. Ainsi, l'intéressé n'apporte aucun élément permettant de justifier que la décision contestée préjudicierait de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation. Par suite, sa demande ne présente pas, en tout état de cause, un caractère d'urgence, au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, nécessitant de prononcer à bref délai une mesure provisoire. Par suite, il y a lieu en conséquence de rejeter celle-ci selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Toulon, le 30 octobre 2024.

La vice-présidente désignée,

signé

M. BERNABEU

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière.

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