vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2403809 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ANDREANI - HUMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2024, la sci Fanicat, Mme A C veuve B et M. E B, représentés par la Scp Tirard et associés par l'intermédiaire de Me Tirard-Rouxel, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 17 juin 2024 par lequel le maire de Carqueiranne a délivré à la sci Maison de la Mer un permis de construire en vue de la dépose d'une véranda et la construction d'une extension de maison individuelle sur deux niveaux, sur un terrain situé 12 lotissement Bella Vista cadastré BY 69, ensemble de la décision rejetant leur recours gracieux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) de mettre à la charge de la sci Maison de la Mer une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La sci Fanicat, Mme C et M. B soutiennent que :
leur requête est recevable car ils ont intérêt pour agir et les formalités de l'article R.600-1 ont été observées ;
la condition d'urgence est satisfaite, dès lors qu'elle est présumée en vertu de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ;
les moyens invoqués sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité du permis de construire :
- à titre principal, le maire aurait dû refuser de délivrer un permis de construire portant uniquement sur l'extension projetée en application de la jurisprudence " Madame D ", alors que l'article L 421-9 du code de l'urbanisme ne permet pas la délivrance du permis de construire ;
- subsidiairement,
* le projet méconnait les articles UE 7.1 et 7.2 du règlement du PLU car l'extension projetée va augmenter l'importance de la construction existante non conforme, en la prolongeant sur plus de 12 mètres, ainsi les travaux projetés ne sont pas étrangers à la règle méconnue par la construction existante, et n'ont pas pour objet/effet d'" améliorer la conformité d'implantation de cette construction " ;
* le projet méconnait l'article UE7.4 du règlement du PLU car un dispositif de soutènement de terre de remblai est implanté à moins de 3 m de la limite séparative Ouest ;
* le projet méconnait l'article UE 9 car l'emprise au sol excède 20% de la surface du terrain ;
* le projet méconnait l'article UE 13 du règlement du PLU car il ne prévoit que 13 arbres au lieu de 27,5.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2024, la commune de Cavalaire-sur-Mer, représentée par Me Pontier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise solidairement à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de sa décision.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2024, la sci Maison de la Mer, représentée par Me Andreani, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité du permis de construire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 18 octobre 2024 sous le numéro 2403495 par laquelle la sci Fanicat, Mme C et M. B demandent l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Sauton, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 5 décembre 2024.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Aparicio, greffière d'audience, M. Sauton a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Baysan pour la sci Fanicat, Mme C et M. B,
- celles de Me Haddad substituant Me Pontier pour la commune de Cavalaire-sur-Mer,
- et celles de Me Andreani pour la sci Maison de la Mer.
Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. La sci Fanicat, Mme C et M. B, voisins immédiats du terrain d'assiette du projet de la sci Maison de la Mer, demandent la suspension de l'arrêté du 17 juin 2024 par lequel le maire de Carqueiranne a délivré à la sci Maison de la Mer un permis de construire en vue de la dépose d'une véranda et la construction d'une extension de maison individuelle sur deux niveaux, sur un terrain situé 12 lotissement Bella Vista cadastré BY 69, ensemble de la décision rejetant leur recours gracieux.
En ce qui concerne l'urgence :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L.600-3 du code de l'urbanisme : "Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. La condition d'urgence prévue à l'article L.521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite ".
4. La condition d'urgence prévue par les dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite en application des dispositions de l'article L.600-3 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne les moyens :
5. Le moyen tiré de ce que le projet méconnait l'article UE 13 du règlement du PLU est, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, il n'y a pas lieu de retenir, en l'état du dossier, les autres moyens.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'arrêté du 17 juin 2024 par lequel le maire de Carqueiranne a délivré à la sci Maison de la Mer un permis de construire en vue de la dépose d'une véranda et la construction d'une extension de maison individuelle sur deux niveaux, ensemble la décision rejetant le recours gracieux de la sci Fanicat, Mme C et M. B.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de la commune de Cavalaire-sur-Mer et de la sci Maison de la Mer dirigées contre la sci Fanicat, Mme C et M. B qui ne sont pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la sci Maison de la Mer la somme de 1 500 euros en application desdites dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 17 juin 2024 par lequel le maire de Carqueiranne a délivré à la sci Maison de la Mer un permis de construire, ensemble de la décision rejetant le recours gracieux est suspendue.
Article 2 : La sci Maison de la Mer versera à la sci Fanicat, Mme C et M. B la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Cavalaire-sur-Mer et la sci Maison de la Mer au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la sci Fanicat, Mme C et M. B, à la commune de Cavalaire-sur-Mer et à la sci Maison de la Mer.
Copie en sera transmise sans délai au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Toulon, en application des dispositions de l'article R. 522-14 du code de justice administrative.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Var.
Fait à Toulon, le 6 décembre 2024.
Le vice-président désigné,
Signé
JF. SAUTON
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026